Mitsubishi Electric : Rennes « noyau » de R&D
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Mitsubishi Electric : Rennes « noyau » de R&D

Électronique À Rennes, le groupe japonais a fêté les 20 ans de son centre de R & D. Ce site, qui emploie une quarantaine d'ingénieurs, fait partie des cinq entités de recherche de la firme au monde. Un pôle hautement stratégique, tête de pont en Europe.

À Rennes, le centre européen de R & D de Mitsubishi Electric (130.000 salariés dont 2.000 chercheurs, CA : 32 Md€) a célébré ses 20 ans en grande pompe le 5 juin, dans la pure tradition japonaise

. Autour du traditionnel tonneau de saké, l'anniversaire du Mitsubishi Electric R & D Centre Europe (appelé aussi « Merce ») a été arrosé. Il s'agit d'une filiale du groupe Mitsubishi, parmi les leaders mondiaux de la création et vente d'équipements électriques et électroniques intégrés dans les systèmes d'information et de communication, les communications satellitaires, l'électronique grand public, les technologies industrielles, l'énergie, le transport et les équipements pour le bâtiment. « Ici, les chercheurs inventent les technologies du futur, qu'ils doivent concevoir plus économes, plus fiables, plus robustes, plus résilientes et plus sécurisées », indique le groupe.




Deux à trois recrutements par an

Cette division électronique créée en 1995 pour le marché européen emploie une cinquantaine de chercheurs, dont une quarantaine basée en Bretagne. Le reste travaille dans un autre pôle à Livingston, en Écosse, axé sur l'habitat et la performance énergétique grâce à deux maisons pilotes comprenant 1.400 capteurs (systèmes de chauffage, pompes à chaleur, climatisation...). Le site rennais travaille, lui, sur les réseaux de communication pour l'automobile, le ferroviaire, etc. « Nous recrutons deux à trois doctorants par an », souligne Sophie Pautonnier, responsable de recherche.




Voiture du futur, transports intelligents...

En Bretagne, la firme japonaise travaille sur la voiture du futur, forcément plus communicante grâce notamment à la technologie Ethernet, à la fois pour la sécurité (transmission d'informations sensibles avec le plus court délai possible), mais aussi l'assistance à la conduite, les applications multimédias pour les passagers... Cette entité du groupe Mitsubishi innove également dans les télécommunications par satellite, entre autres, et les « services critiques » pour les transports : signalisation des trains, gestion des aiguillages, du freinage... C'est le « noyau de la direction générale de la R & D de Mitsubishi Electric », selon les termes de Kenji Kondo, directeur exécutif et vice-président Corporate R & D, qui avait fait le déplacement à Rennes en compagnie de Tamotsu Nomakuchi, 73 ans, conseiller exécutif et ancien P-dg du groupe Mitsubishi Electric, et son actuel jeune président Europe Takato Abe, nouvellement nommé.




5 % du CA réinvestis en R & D

Mitsubishi Electric réinvestit 5 % de son chiffre d'affaires de 32 milliards d'euros dans la R & D. À Rennes, les derniers investissements concernent un laboratoire sur la fiabilité et la robustesse des composants électroniques de puissance. Le site dispose de ses propres bancs de tests, dans le but d'accélérer le vieillissement des composants utilisés par exemple dans le cycle thermique des véhicules électriques, en vue d'améliorer leur maintenance. Objectif : baisser le coût du cycle de vie des pièces.




28 brevets déposés en 2014

Tête de pont en Europe, le site breton qui a déposé 28 brevets en 2014 est en compétitivité avec d'autres pôles de recherche, y compris internes comme celui de Boston aux États-Unis (trois autres sont basés au Japon). Mais l'intérêt de son implantation française est clairement lié au Crédit d'impôt recherche (CIR) dont bénéficie l'entreprise, « réinvesti en totalité en France », précise Sophie Pautonnier. La Bretagne est aussi une terre d'accueil des investisseurs nippons qui portent quelque 3.000 emplois dans la région, comme l'a rappelé son président Pierrick Massiot. Un territoire « business friendly », selon Emmanuel Couet, président de Rennes Métropole qui fournit des emplois hautement qualifiés. Le directeur du site rennais, Franck Marti, est d'ailleurs un ancien élève de Télécom Bretagne. L'entreprise dit avoir un peu plus de difficultés à recruter en électronique de puissance. En Bretagne, Mitsubishi Electric est en fait présent depuis 1992. La firme disposait en effet d'une usine à Étrelles, près de Vitré, totalement fermée en 2003 et en partie reprise par Thalès. C'est Pierre Méhaignerie, élu local, qui était parvenu à séduire le géant japonais, pour faire fabriquer en Bretagne des téléphones mobiles. Cette unité de production de composants électroniques a compté jusqu'à 950 emplois ! Aujourd'hui, ne subsiste que la R & D à Rennes, mais cette matière grise associée à un nom prestigieux reste un atout de taille pour le territoire.

Mitsubishi Electric
(Tokyo) 130.000 salariés CA : 32 Md€ 01 55 68 55 68 (Fr) www.mitsubishielectric.fr

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