La mission Proxima sur la station spatiale internationale (ISS) s'est théoriquement finie le 2 juin, jour du retour sur terre de l'astronaute Thomas Pesquet. Mais les scientifiques du Cnes sont toujours en cours d'analyse des expériences que l'astronaute a mené à bord de la station, pendant six mois (du 15 novembre 2016 au 2 juin 2017). Thomas Pesquet a mené une centaine d'expériences en tout. Il en a réalisé sept pour le Cadmos, le Centre d'Aide au Développement des Activités en Micropesanteur (12 salariés, environ 1 M€ de CA en 2016). Le centre de recherche toulousain dresse un bilan positif de la mission, avec « des résultats d'expériences allant au-delà de ce qui était espéré » selon Patrice Benarroche, responsable de la structure.
Deux ans de préparation, 500.000 euros d'investissement
Est-ce que ces expériences ont représenté un gros investissement ? « Non, contrairement à ce que l'on pourrait croire. La préparation des sept expériences que nous avons définies pour la mission Proxima a nécessité un travail de près de deux ans, donc beaucoup de temps et de travail. Mais en terme financier, c'est environ 500.000 euros d'investissement pour le Cadmos, sans compter les partenariats et les co-financements avec des entreprises, ce qui nous fait atteindre le million d'euros.» Parmi les expériences réalisées, il y a eu par exemple l'Aquapad, nouvel outil de diagnostique de l'eau, EveryWear, un système d'assistance connectée à l'astronaute plus performant, Fluidics qui étudie la dynamique des fluides dans l'espace, l'Echo qui permet au médecin de prendre la main à distance sur l'échographe Echo présent à bord de l'ISS , les nouvelles surfaces intelligentes Matiss qui empêcheraient l'approche de bactéries, etc. »
Des découvertes à développer et à réutiliser
Concrètement, ces expériences donnent de nouveaux éléments aux entreprises et laboratoires sur des thèmes tels que la télémédecine (expérience Echo), le diagnostique rapide et sûr de l'eau après des catastrophes naturelles (grâce à l'expérience Aquapad), etc. Ces expériences vont alimenter les recherches d'entreprises qui s'intéressent à la maîtrise du recyclage en boucle fermée, à la préservation des dangers climatiques, à l'assistance des malades à distance... D'autre part, les outils et systèmes innovants développés par le Cadmos et ses partenaires seront pour la plupart réutilisés dans les prochaines missions sur l'ISS. L'enjeu du Cadmos est de continuer ces expériences mais avec toujours le souci de faire plus petit, plus léger et plus simple : une heure de travail de l'astronaute dans l'ISS représente un coût de 50.000 euros et un kilo de matériel à faire monter dans l'espace coûte 20.000 euros par kilo.
(Photo :Thomas Pesquet et les responsables scientifiques du Cnes)