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MinMaxMedical inaugure son site de production dédié à la fabrication de robots chirurgicaux
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MinMaxMedical inaugure son site de production dédié à la fabrication de robots chirurgicaux

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La medtech MinMaxMedical, qui développe et fabrique des robots chirurgicaux et systèmes de navigations pour chirurgiens a inauguré son site de production d’Apprieu, en Isère. Un investissement de 15 millions d’euros sur quatre ans, qui devrait permettre à l’entreprise de produire plusieurs centaines d’équipements et robots par an d’ici 2028.

Thomas Lonjaret, PDG de MinMaxMedical — Photo : Marie-Amélie Mine

La medtech MinMaxMedical (53 salariés ; 3 M€ de CA en 2024) passe en phase d’industrialisation. L’entreprise créée en 2008 par l’entrepreneur Stéphane Lavallee aux environs de Grenoble et spécialisée dans la chirurgie digitale et robotique a inauguré au printemps son site de production de robots, à Apprieu, en Nord Isère.

Après s’être focalisée pendant près de 20 ans sur la R & D et le développement de produits médicaux, permettant à la chirurgie de réaliser des avancées majeures, la pépite a ainsi décidé de devenir fabricant à plus grande échelle. "Nos bras robotisés et systèmes de navigation servent d’assistant au chirurgien. Le système de navigation, fonctionnant avec des capteurs stériles à usage unique que nous développons depuis une douzaine d’années, constitue une sorte de GPS du bloc opératoire. Nos dispositifs permettent de renforcer la sécurité et la précision des actes chirurgicaux", avance ainsi Thomas Lonjaret, PDG de MinMaxMedical.

Un site de 2 100 m²

La nouvelle usine, d’une superficie de 2 100 m² comprendra deux lignes de production, dédiées à la structure, l’assemblage et l’intégration des robots, 140 m² de salle blanche pour fabriquer des capteurs stériles, un atelier, des bureaux et une zone de stockage.

La medtech travaille avec une dizaine de sous-traitants en France et en Europe. "La moitié de nos composants provient de l’Hexagone dont 40 % d’Isère et de Haute-Savoie", poursuit Thomas Lonjaret.

Le site représente un investissement de 15 millions d’euros sur quatre ans, avec un soutien déjà acté de 430 000 euros de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, dans le cadre de sa politique en faveur de la réindustrialisation du territoire. "Nous sommes en discussion avec nos partenaires bancaires pour la suite du financement. Nous avons également reçu des aides dans le cadre de France 2030, qui nous ont permis d’entamer la phase de production", avance le dirigeant.

Une industrialisation en plusieurs étapes

L’industrialisation aura lieu en deux étapes : MMM fabriquera ses deux produits phares, un robot universel doté de 10 axes, reproduisant au plus près le mouvement d’un bras humain et un système de navigation, dans le cadre de préséries dès cette année, avant de passer au stade de production en 2026. Les capacités de production permettront de fabriquer plusieurs dizaines puis centaines de robots et d’équipements par an à partir de 2028, et plus de 20 000 capteurs stériles à usage unique.

Dans ce contexte de croissance des volumes, MMM a d’ores et déjà prévu une seconde phase pour son usine d’Apprieu. "Nous avons mis une option sur du foncier disponible à proximité de l’usine actuelle pour sécuriser notre futur agrandissement, dans 3 ans", explique Hervé Collet, vice-président de MMM en charge du développement produits de l'entreprise.

MMM devrait aussi renforcer ses équipes pour accompagner sa croissance, avec cette année une quinzaine de recrutements en production sur le site d’Apprieu, et en R & D sur son site de R & D de Saint-Martin-d’Hères (Isère). "40 postes seront créés d’ici quatre ans et une centaine à horizon 2035", avance Thomas Lonjaret.

Un modèle d’affaires original

Le modèle d’affaires de MinMaxMedical repose sur trois piliers qui lui ont permis de dépasser le million de chiffre d’affaires dès 2023. Des revenus issus de son activité de consulting technologique et des licences qu’elle octroie sur ses technologies (les produits de l’entreprise sont protégés par 46 brevets), tout d’abord. Mais aussi des revenus issus de ses ventes de robots et système de navigation.

Enfin, la medtech a également bénéficié de la vente de plusieurs des pépites qu’elle a co-créées. Ainsi, MinMaxMedical a déjà créé une dizaine de start-up, toutes fabricantes de dispositifs médicaux, intégrant les systèmes de MinMaxMedical dans leur propre solution. C’est le cas de Dental Hologram (3 salariés), spécialisée dans la pose d’implants dentaires, ou de la pépite dédiée à la chirurgie de la cheville Extremis Robotics, toutes deux membres du réseau MinMaxMedical.

La medtech espère créer 100 startups et plus de 10 000 emplois à horizon 2035. "Ce modèle d’affaire de co-création de nos clients nous a permis de nous autofinancer, plusieurs de nos start-up ayant été rachetées par de grands groupes, comme Johnson & Johnson ou GE Healthcare", termine le dirigeant.

S’appuyant sur ce business model original, la medtech vise un chiffre d’affaires 12 millions d’euros en 2025 et espère avoisiner les 35 millions d’euros en 2027.

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