« Une année satisfaisante », analysait Pierre Carli, le président du directoire de la Caisse d’Epargne de Midi-Pyrénées, au moment de la présentation de ses résultats 2015. La banque affiche un produit net bancaire de 378 M€ en augmentation de 1,4%. Son résultat net est aussi en progression (+2,9%) avec 76,9 M€ enregistrés en 2015 : « On entend souvent dire que les banques ne prêtent pas, mais nos chiffres prouvent le contraire : les encours de crédit ont augmenté de 2,9% (10,4 Md€ prêtés en 2015, NDLR), le crédit immobilier est en croissance régulière et les crédits d’équipements pour les entreprises ont augmenté de 30%. » Les autres services comme l’assurance se sont aussi bien développés (+12,8% pour l’assurance vie). Les PME et PMI ont obtenus 109 M€ de crédits via la Caisse d’Epargne Midi-Pyrénées et ce chiffre est en hausse.
Une taille humaine et un développement d’activités
La Caisse d’Epargne Midi-Pyrénées ne changera pas de taille. Au vu de la nouvelle configuration de la région LRMP, Pierre Carli n’a pas annoncé de projet de fusion car « il souhaite conserver une taille humaine. » Il est vrai que la Caisse d’Epargne, tout comme les autres banques commerciales, ont déjà beaucoup de changements à gérer, et rapidement. Ces enjeux de taille ont été présentés par Pierre Carli : la digitalisation des services ( ou l’adaptation aux nouveaux comportements de la clientèle), mais aussi l’orientation vers un nouveau modèle bancaire avec de nouvelles sources de développement. « Chercher de nouvelles sources de financement, c’est ce qui challenge aujourd’hui les banques commerciales françaises ». Les actions immobilières, les offres d’assurance feront partie des leviers de croissance à développer. Premier financeur du logement social, la CEMP a déjà participé à l'augmentation de capital des bailleurs sociaux Promologis et La Cité Jardins (au côté du groupe Ciléo Action Logement) pour un montant de 16 M€. La filiale immobilière Midi 2i, qui gère un patrimoine de 500 M€, devrait lancer de nouvelles grandes opérations en 2016 et prévoit d’accroître ses capacités de financement. C’est en travaillant sur ces deux enjeux que Pierre Carli entend faire face à une baisse de revenus de plusieurs dizaines de millions d’euros (un effet direct de la baisse des taux) qu’il pressent pour 2016.
Plus de digital, moins d’agences, mais pas de banque en ligne
Face au phénomène de digitalisation des relations clients-banque (55 % de sa clientèle est aujourd’hui abonnée au service en ligne), la Caisse d’Epargne Midi-Pyrénées compte poursuivre ses offres de services à distance, y compris les actions de vente par téléphone qui ont connu une très forte croissance de 87 % en 2015 (40.000 ventes en 2015). « Nos clients sont de plus en plus exigeants sur le plan de la réactivité, mais ils sont aussi sur la qualité du conseil. Le nombre de contacts en agences sera divisé par deux, et celui par téléphone et par mail sera multiplié par deux. Mais ceux qui viendront en agence seront plus exigeants sur la qualité du conseil », analyse le président du directoire Pierre Carli. Concrètement, cela va se traduire par une réduction du nombre d’agences, tout du moins celles de petit effectif : " une agence de 5-6 personnes est plus performante pour l’accueil et la dynamique du personnel qu'une agence de 1 à 2 personnes. " En 2017, on comptera donc une vingtaine d’agences CEMP en moins sur la région. Elles sont aujourd'hui 224. Pierre Carli a cependant insisté sur le fait que la Caisse d’Epargne n’a aucunement la volonté de devenir une banque en ligne, mais qu'elle souhaite « offrir le meilleur du digital et le meilleur de l’humain ». Des programmes de formation ont été programmés pour améliorer l’efficacité du conseil en agence.