Il y a tout juste un an, le 5 novembre 2024, le groupe clermontois Michelin (132 000 salariés, 28,3 Md€ de CA) annonçait vouloir fermer son site de Cholet, en Maine-et-Loire, avec 955 collaborateurs, tout comme celui de Vannes, dans le Morbihan, avec 299 personnes. À Cholet, une première vague de départ a eu lieu en juillet 2025. Une seconde vague est prévue dans le courant de ce mois de novembre et une troisième et dernière aura lieu en juin 2026.
Deux options étudiées avant fin 2025
D’ici la fin de l’année, le groupe Michelin annonce qu’il va étudier deux des trois scénarios envisageables pour redynamiser le site de Cholet qui fermera définitivement ses portes dans le courant de 2026. Un site qui s’étend sur 41 hectares, avec plus de la moitié de bâtiments, soit environ 250 000 m2 (25 hectares). Cette étude se fera, selon le groupe, "en étroite collaboration avec les acteurs du territoire."
Première solution possible, la reprise par un unique repreneur du site pour y développer un projet industriel d’envergure. La seconde serait elle aussi portée par le projet d’une entreprise ou d’un groupe industriel, mais qui n’utiliserait pas l’ensemble du bâti tout en étant intéressé par la totalité du foncier et réaménagerait le reste du site.
Un troisième scénario
Un troisième scénario est envisagé, qui consisterait à la cession de l’ensemble à un ou des aménageurs, dans le but d’y développer un parc d’activités économiques. Pour l’heure, celui-ci n’est pas encore à l’ordre du jour et ce ne sont donc que les deux premières éventualités qui vont être étudiées dans les prochains mois. "En l’absence de solution retenue, un appel à manifestation d’intérêt pourrait être lancé au premier semestre 2026 afin d’identifier des aménageurs potentiels, indique le groupe Michelin. L’objectif est de sélectionner, d’ici mi-2026, un partenaire capable de porter une transformation durable des sites. Le processus de dépollution, quant à lui, débutera au second semestre 2026." 31 marques d’intérêt ont été recensées parmi les entreprises prospectées pour la redynamisation du site choletais, celles de 16 industriels et de 15 aménageurs.
Accompagnement des salariés
L’usine Michelin de Cholet, ouverte en octobre 1970, a compté plus de 2 500 personnes à son apogée, à l’aube des années quatre-vingt et employait environ 950 personnes dans la fabrication de pneus lors de l’annonce de sa fermeture il y a un an. Depuis, le groupe a dédié une somme de 6,8 millions d’euros pour revitaliser le bassin d’emplois en accompagnant les salariés et soutenant le territoire. Sur les 947 collaborateurs qu’employait l’usine, 465 ont trouvé une solution durable, soit 49 %. Parmi eux, 123 sont bénéficiaires d’un dispositif de retraite ou préretraite, 89 ont opté pour une mobilité interne et 253 ont retrouvé un emploi (225 en CDI, 12 en CCD long, 14 créations ou reprises d’entreprise et 2 en formation qualifiante). 312 personnes, dont 89 en formation qualifiante, sont accompagnées par la société Randstad, à travers des Ateliers de transition professionnelle et la mise en relation avec les entreprises locales.
En septembre, a été installé le comité de pilotage de la convention de revitalisation du bassin d’emploi de Cholet, qui avait été signée le 23 mai 2025. Celle-ci vise à contribuer à la création d’activité, au développement des emplois et à atténuer les effets des licenciements sur les autres entreprises du bassin d’emploi. Le comité de pilotage regroupe des représentants des services de l’État, du groupe Michelin, des collectivités (ville et agglomération de Cholet, de Cholet, Mauges Communauté, Communauté de communes Loire-Layon-Aubance, Conseil départemental, Conseil régional des Pays de la Loire), des chambres consulaires, des partenaires sociaux et de France Travail.