Merial : Le nº3 de la santé animale se relance seul dans l'innovation

Merial : Le nº3 de la santé animale se relance seul dans l'innovation

Le numéro3 de la santé animale, créé à Lyon, rayonne aujourd'hui dans le monde entier. Après l'échec de la fusion avec Intervet, le groupe se relance seul dans une nouvelle politique d'innovation.

Tout a commencé à Lyon, berceau historique de la santé animale dans le monde avec la création de la première école vétérinaire par Claude Bourgelat il y a... 250 ans tout juste. À la fin des années 50, Marcel Mérieux installe, en région lyonnaise, la première usine de production en masse de vaccins vétérinaires et humains. Depuis, la réputation de la région lyonnaise dans la santé n'est plus à prouver. Dans ce marché très spécifique de la santé animale, qui représente environ 2,5% du marché mondial de la santé, Lyon abrite le troisième acteur, Merial, né de la fusion, en 1997, de Rhône Mérieux et de la branche santé animale de Merck & co. Le rapprochement envisagé avec le numéro deux du secteur, Intervet Schering-Plough, en 2009, n'a finalement pas abouti. Les protagonistes ont jeté l'éponge en mars dernier. «Le projet était ambitieux et très compliqué à mettre en oeuvre, commente Jean-Louis Crosia, vétérinaire pendant seize ans, président de Merial France et directeur de la région Emea. Ce rapprochement aurait constitué le plus important groupe au monde. Les autorités de régulation de la concurrence européenne et américaine n'ont pas donné leur feu vert. Chacun repart dans sa stratégie de développement propre.»




La concurrence génèrel'innovation

Le dirigeant affirme aujourd'hui que «la concurrence génère l'innovation». Une façon de botter en touche sur la nouvelle politique d'innovation qui doit aujourd'hui être menée seule alors que les deux géants mettaient en avant une synergie des moyens de recherche pour faire face aux enjeux de demain. «C'est aussi long et compliqué de développer un médicament pour l'homme que pour l'animal, poursuit le vétérinaire. Des études complémentaires coûteuses doivent être réalisées pour les médicaments destinés aux animaux afin de connaître les résidus qui pourraient apparaître dans la viande ou dans le lait.»







Les dix centres de R & D mondiaux de Merial, dont celui du site historique de Lyon, planchent désormais sur deux axes: un volet géographique et un aspect espèces animales. «Les pays émergents comme la Chine, la Russie, le Brésil ou l'Inde ont des besoins grandissants pour nourrir leurs populations. Les besoins en protéines sont importants. Le travail sur la vaccination des espèces qui fournissent les protéines requises engendre ainsi de nouveaux débouchés.» Mais pour répondre à des besoins localisés, les recherches et les productions doivent être menées dans chaque zone géographique concernée. La question de la non-propagation des maladies d'une zone à l'autre est aussi sous-jacente à cette stratégie. Et puis les chercheurs travaillent sur des pathologies qui n'existent pas encore. «Il nous faut anticiper la santé animale des dix à quinze prochaines années.»




335 salariés à Saint-Priest

Si les développements sur les pays émergents sont la priorité du groupe, les investissements locaux ne sont pas en reste. Saint-Priest accueille un des plus importants centres de production de vaccins du groupe. «Les derniers investissements sur ce site sont budgétés pour cette année, affirme Jean-Louis Crosia. Nous aurons investi au total près de 220M€ sur ce site qui accueille 335 salariés. Des extensions sont possibles mais non encore programmées. Les sites de Lentilly et de Saint-Vulbas sont encore opérationnels. Aucun investissement supplémentaire n'est prévu sur Rhône-Alpes.» Les productions du site de Toulouse et de Saint-Priest génèrent près de 700M€ de chiffres d'affaires dont 75% sont destinés à l'export.

Merial



(Lyon - Atlanta) P-dg: José Barella Chiffre d'affaires 2010:2,64milliards de dollars Répartition du chiffre d'affaires par activité: 65% animaux de compagnie, 35% animaux d'élevage et 5% santé publique vétérinaire Répartition du chiffre d'affaires par région: 41% USA, 34% Emea et 25% reste du monde. 5.600 salariés www.merial.fr