Medef Rhône-Alpes : Qui succédera à Bernard Gaud ?

Medef Rhône-Alpes : Qui succédera à Bernard Gaud ?

Eric le Jaouen Versus Patrick Martin. Les deux hommes, aux styles et parcours opposés, sont en lice pour la succession de Bernard Gaud à la présidence du Medef Rhône-Alpes. Le futur président sera le leader du deuxième Medef régional, après l'Ile-de-France. Une responsabilité forte dans la défense des intérêts des entrepreneurs et des entreprises.

Qui de Eric Le Jaouen ou de Patrick Martin, au sein du Medef régional, sera le prochain interlocuteur de Laurent Wauquiez, Président (LR) de la Région Auvergne-Rhône-Alpes ? L'élection est programmée pour le 21 juin prochain. Eric le Jaouen, candidat officieusement adoubé par Bernard Gaud, président sortant du Medef Rhône-Alpes, était seul en lice depuis novembredernier. Mais le Stéphanois doit faire face, depuis début avril, à un nouvel adversaire de poids avec l'entrée en lice de Patrick Martin. Les deux hommes se sont entendus pour adopter une posture raisonnable et non agressive l'un envers l'autre. (voir l'interview
d'Eric le Jaouen et de
Patrick Martin en intégralité sur www.lejournaldesentreprises.com)







Premier descendu sur le ring, Éric Le Jaouen, 46 ans, engagé depuis 2005 dans des associations patronales (il a été président du CJD Loire puis du CJD Rhône-Alpes et vice-président du CJD national) avant de prendre la présidence du Medef Loire et la vice-présidence du Medef Rhône-Alpes. Le Stéphanois a fondé

un cabinet de recrutement, Ginkgo, en 2002, (cinq salariés), après un début de carrière chez Mickaël Page. Membre du bureau de l'Unedic, vice-président de la commission nationale des mandats territoriauxdu Medef, il maitrise parfaitement les arcanes du syndicat patronal. Face à lui, Patrick Martin, 56 ans, président du directoire du groupe familial Martin-Belaysoud Expansion basé dans l'Ain (CA 2015 : 660 M?, 2.700 salariés). Issue d'une famille d'industriels, diplômé de l'Essec, il a commencé sa carrière dans le financement d'entreprises avant d'entrer à 27 ans, par la petite porte, dans l'entreprise familiale. Il en a depuis décuplé la valeur. Le Bressois a déjà occupé le poste de Président du Medef Rhône-Alpes entre 2006 et 2011. Difficile de compter les voix qui se porteront sur tel ou tel candidat le 21 juin, jour où 28 présidents (plus éventuellement 6 de l'Auvergne) des branches professionnelles, et 8 Medef territoriaux (plus 4 éventuellement de l'Auvergne) se prononceront pour l'un ou l'autre. Pierre Streiff, président du Medef 38, connait bien les deux candidats. «Ils portent tous deux une grande ambition pour le Medef régional mais ont des personnalités très différentes ». Cet ancien président de la Fédération du BTP Isère ne sait pas encore pour qui il votera. « Je vais en discuter avec des confrères d'autres Medef qui ont plus d'expérience ». Laurent Fiard (lire ci-dessous), de son côté, semble avoir déjà fait son choix et pencher en faveur de Patrick Martin. Il estime cependant que « cette élection n'est pas stratégique au regard des combats qu'il faut mener dans ce pays »

. Quel style, quelle vision, quel projet sont ceux de ces deux candidats ? Décryptage.




Leurs styles


Éric Le Jaouen
, marathonien confirmé

croit « aux vertus des équipes ».

« On ne peut pas tout faire seul. J'ai des compétences sur un certain nombre de domaines, notamment sur la vie des TPE et PME. J'ai moins de compétences c'est vrai, sur la vie des ETI et grands groupes, même si j'en compte parmi mes clients. Un président ne peut ni tout savoir, ni tout maîtriser. Avec une bonne équipe, l'ensemble des besoins peut être parfaitement couvert. Le Medef Auvergne Rhône-Alpes, ce sera un bureau de 10 personnes tout de même ! »
Patrick Martin
endurant également

(il pratique assidument l'alpinisme) entend quant à lui incarner «

les entrepreneurs et les entreprises dont la taille et les enjeux les mettent quotidiennement aux prises avec la fiscalité, la négociation syndicale, l'exportation, l'innovation etc. J'ai un peu baroudé, j'ai réalisé récemment une opération de croissance externe qui a poussé mon chiffre d'affaires de plus de 30 %. Je connais, pour les vivre, les préoccupations de beaucoup de nos 80.000 adhérents régionaux ».






Deux programmes


Éric Le Jaouen mise sur le retour à l'idéologie et au rassemblement. Il compte op

érer un rappel de la « doctrine » et entend « développer le militantisme patronal », renforcer le « corpus idéologique doctrinal », quitte à inciter les adhérents à relire Schumpeter afin d'avoir « un minimum d'idéologie pour penser l'avenir ». Plus concrètement il entend renforcer le « le lobbying politique et la gestion des mandats, en améliorant le process de désignation des mandataires ». Il construira une « plateforme de services en direction des Medef locaux (social, communication...) ». Enfin il entend transformer la région en « territoire d'expérimentation sur des thèmes tels que l'apprentissage ou l'international » afin que le Medef Rhône-Alpes devienne une plateforme indispensable du Medef national et pour regagner sa place au bureau exécutif. Eric le Jaouen se veut le candidat « de l'unité du Medef, de la représentation de la diversité des adhérents », un candidat fédérateur en clair.
Patrick Martin
, de son côté, affiche un discours pl

us cliv

ant.

« Je considère que la taille de son entreprise, mais aussi le parcours et la dynamique de cette dernière n'incarne pas l'entrepreneuriat du Medef ». Clivant mais aussi pragmatique. Le patron de Martin-Belaysoud propose « des outils pour que les entreprises jo

uent plus collectif. Nos adhérents doivent être davantage accompagnés ». Il entend nouer un « dialogue fort » avec l'exécutif régional et tout faire pour que « le Medef Auvergne-Rhône-Alpes rejoigne le Conseil exécutif du Medef national où s'exercent les arbitrages structurants ».

Le style, la personnalité, le parcours, le projet de chacun seront donc au coeur des débats, mais aussi leur origine géographique. Car si Eric le Jaouen l'emportait, il serait le premier président du Medef Rhône-Alpes à ne pas être issu de la sphère économique lyonnaise...

Ce rapprochement répond aux consignes de Pierre Gattaz : n'avoir plus que 13 Medef régionaux avant le 15 juillet prochain.