Medef : «Ne pas hésiter à avoir recours à la médiation»
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Medef : «Ne pas hésiter à avoir recours à la médiation»





Paul Arker, président du Medef Moselle, analyse les effets de la crise sur les entreprises régionales et les solutions proposées.


En Moselle, quels sont les secteurs les plus touchés? Le bâtiment souffre. Mais je pense que les entreprises les plus fragilisées sont les sous-traitants des indu
stries automobile, sidérurgique et chimique. Nous avons noté depuis longtemps que les centres de décisions sont loin de la Moselle. Mais aujourd'hui, ils sont encore plus éloignés à Bombay ou ailleurs dans le monde. Nous n'avons pas beaucoup de moyen de faire passer les informations. Dans l'automobile, par exemple, les grands groupes ont signé pour rester en France, mais les sous-traitants se plaignent que l'approvisionnement est réalisé à l'étranger.
Quelles solutions préconisez-vous?
Nous avons besoin de mesures comme des réductions de charge ou des remboursements de contribution. Il faut des mesures locales, avec moins de pression fiscale de la part des collectivités. Ce n'est pas vraiment le cas sur la CA2M et l'augmentation de la contribution transport et de la taxe professionnelle. Il faut aussi des mesures sectorielles. Beaucoup d'entreprises se trouvent proches du fil du rasoir. On parle de réduction de commandes de 20-30%, parfois plus. On risque de voir des destructions d'emplois par la disparition d'entreprises ou la réduction d'effectifs. Le pire est malheureusement devant nous.
Mais, les entreprises, que peuvent-elles faire?
C'est la première crise de la mondialisation. Elle est brutale et inattendue. Les recettes du passé ne suffisent pas. La plupart des PME n'ont pas eu recours au chômage partiel. Elle passe par les RTT et les congés payés. Pour les cadres et bureaux d'étude, c'est le moment de finaliser des projets dormants. Il faut aussi en profiter pour réaliser le plan de formation. La Région propose des aides en ce sens. Si le chef d'entreprise règle souvent seul les problèmes, aujourd'hui il ne faut pas attendre trop longtemps. Il faut surtout maintenir le contact avec son banquier car faire l'autruche c'est aller droit dans le mûr. Il faut agir comme si la situation ne s'arrangeait pas et chercher les meilleurs moyens de ne pas mettre la tête sous l'eau.
Comment?
Il existe des cellules de soutien aux entreprises au Medef, à la CCI ou à la CMA. Une cellule de suivi se réunit tous les 15 jours à la préfecture avec toutes les agences de l'État, les représentants des banques, du patronat et des consulaires. Elle étudie les problématiques de financement du crédit. Oséo a aussi des lignes de crédit de financement pour renforcer la trésorerie des entreprises.

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