Mécaplast : L'équipementier renoue avec la croissance
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Mécaplast : L'équipementier renoue avec la croissance

Automobile. Cliniquement mort en 2008, l'équipementier automobile qui fournit 90 % des constructeurs automobiles à travers le monde, sort de l'ornière.

Tel le phoenix, Mécaplast renaît de ses cendres. Avec une marge en hausse de 2,1 % et un chiffre d'affaires de 679 M€ en 2014 (+ 2,7 % par rapport à 2013), l'équipementier automobile monégasque entend bien tourner le dos à six longues années noires. Touché, à l'instar de l'ensemble de la filière, par la crise conjoncturelle de 2008, le groupe fondé par Charles Manni il y a tout juste 60 ans a dû faire face, quatre ans plus tard, à une nouvelle crise, structurelle cette fois-ci, liée à un défaut de trésorerie. « C'est une fois qu'on a touché le fond de la piscine que l'on peut rebondir », souligne le président de son Conseil d'Administration Thierry Manni, dont la famille ne détient plus que 67 % des parts du groupe, suite à l'entrée au capital, contre une enveloppe de 55 M€, du Fonds de Modernisation des Équipementiers Automobiles (FMEA). Ce rebond est incarné par Pierre Boulet, nommé à la direction générale en 2012, qui opère alors une profonde mutation. Nouvelle organisation en business units orientées clients, redéfinition des axes stratégiques, optimisation de l'outil industriel et des effectifs, déploiement de nouveaux processus internes : « Il s'agissait d'inscrire l'activité sur le long terme pour sortir de l'ornière », explique-t-il.

Optimisation des sites français
En France, Mécaplast a engagé une réorganisation de ses activités combinant cession et spécialisation de sites. Ainsi, de 15 usines en 2008, l'équipementier n'en compte désormais plus que 9 et poursuit l'optimisation de ses sites. Si celui de Charente-Maritime fermera ses portes prochainement, faute de repreneur, celui de Sainte-Marguerite dans les Vosges bénéficiera en 2016 d'un investissement dans une nouvelle ligne de peinture. De même, la fusion des usines voisines de Lens et de Libercourt est annoncée. « L'emploi sera maintenu », affirme Pierre Boulet. « Notre stratégie est de nous adapter au besoin de production, ici comme ailleurs dans le monde. Or, en France, seul 1,8 million de véhicules ont été équipés en 2014, contre 3,2 millions en 2008. »

Diversification de l'activité monégasque
À Monaco, la situation s'avère plus complexe. Le site historique du groupe a vu son chiffre d'affaires baisser de 38,5 % entre 2008 et 2013, et les projections pour 2015 confirment cette chute. Un plan de réduction des effectifs a été lancé, à hauteur de 65 postes sur un total de 140, et, pour maintenir l'activité, une nouvelle entité créée, Foreplast, dédiée aux marchés hors-automobile. « L'ADN du groupe tient dans le remplacement du métal par le plastique. D'autres secteurs peuvent être intéressés par ce savoir-faire et bénéficier ainsi des innovations développées pour l'automobile, d'où un portefeuille de cibles potentielles éclectiques », avance Thierry Manni.

Pleins feux sur l'international
L'activité française et monégasque, avec 224 M€ de facturations en 2014, ne représente plus que 36 % du volume d'affaires global de Mécaplast qui concentre désormais ses investissements à l'étranger. Ainsi, le groupe se renforce dans trois zones prioritaires : l'Asie avec l'ouverture d'un quatrième site chinois en septembre 2015, les Amériques où une seconde usine est en construction au Mexique et l'Europe Centrale. En outre, l'équipementier envisage d'opérer des croissances externes en Allemagne, aux États-Unis et au Japon. Et vise la barre symbolique du milliard d'euros de chiffre d'affaires en 2018.

Mecaplast


(Monaco) Dirigeant : Thierry Manni CA 2014 : 679 M€ (RN : 5 M€) 6.200 personnes Tél. : 377 92 05 52 52 @email

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