«Lors de mon élection en 1965, l'emploi était la priorité. Pourtant, le mandat a commencé avec 300 à 400 emplois supprimés dans une usine de textile...» «En 1967, Michelin cherchait à s'implanter dans le secteur. Ils ont visité Angers puis Saumur. Mais Cholet les intéressait pour son réservoir de main-d'oeuvre. Il leur fallait 32 hectares avec une quantité et une qualité d'eau importante. On a finalement trouvé l'endroit, à la place d'une piscine. C'est une bouteille d'eau, avec laquelle on a fait un prélèvement, qui a réglé le sort industriel de Cholet! (rires) Et puis 68 est arrivé. Michelin a stoppé le projet. Malgré tout, nous avons décidé de poursuivre l'acquisition des terrains en bordure de l'axe Angers/Saumur.» «Au début de l'année 1969, M.Mornaco, responsable des nouvelles implantations chez Michelin, m'appelle pour reprendre le dossier. Entre-temps, nous avions acheté les 32ha. On l'a épaté. Nous n'avions pourtant aucune certitude. Il m'a confié que rien que pour cette audace, il fallait venir à Cholet. Quelques mois plus tard, Michelin prenait possession de ses bâtiments (avec 434 salariés).» «En dix ans, 2.700 emplois ont été générés (NDLR: 1.700 aujourd'hui). Ils avaient même créé des lignes de transport pour les salariés dans un périmètre de 30km. C'était la ruée avec des niveaux de salaires bien supérieurs à ceux des entreprises choletaises. À l'époque, j'en ai même entendu certains dire qu'ils pouvaient désormais avoir des enfants car Michelin était une assurance pour l'avenir. Je dirais pour ma part que Michelin a été l'accompagnement exogène d'un développement endogène.»
Ancien maire emblématique de Cholet, de 1965 à 1995, Maurice Ligot se souvient de l'implantation de Michelin dans sa commune en 1969. Il raconte.