Matthieu Ponson : Un jeune patron à l'ancienne

Matthieu Ponson : Un jeune patron à l'ancienne

En quête d'autonomie,le directeur général de Sogelink a endossé son rôle de ?patron? tout naturellement voilà huit ans.Fil continu de ses passions - la photo, le vin, la gastronomie -, c'est dans les relations humaines qu'il s'épanouit. Claire Pourprix

La rencontre avec Jules a non seulement été la découverte de son fils adoptif, mais aussi celle d'un pays, d'une culture. Avec sa femme, Matthieu Ponson a pris le temps de «faire connaissance» avec ce bébé alors âgé de 3,5mois, adopté au Vietnam en décembre2008. Ils sont restés trois semaines dans ce pays, loin de leur quotidien lyonnais. Prendre le temps de vivre les choses à fond, leur donner tout leur sens semble être la signature de ce jeune entrepreneur, dg de Sogelink depuis son lancement effectif, en 2002. Bavard, enjoué, Matthieu Ponson est un brin excessif. Non pas qu'il en fasse trop, mais quand il s'investit, ce n'est pas à moitié.




Photos coups de coeur

Au Vietnam, il projette déjà d'y retourner pour mener des actions d'aide à la petite enfance, agrandir sa famille adoptive, et nouer des liens avec des photographes locaux. Car la photo, c'est sa passion d'enfance, avec laquelle il a renoué récemment. Dès qu'il a un moment, il court les expos et ventes aux enchères pour trouver ?la? photo qui viendra grossir sa collection. «J'ai commencé la photo lorsque j'étais au collège, à la MJC de Granges-les-Valence. Je faisais des portraits et du développement en noir et blanc.» Il a repris goût à la photo voilà quelques années, au cours de ses voyages en Asie et, cette fois-ci, sous l'angle du collectionneur. Des coups de coeur nés de rencontres avec des photographes contemporains, comme Cédric Roulliat dont les grands formats ornent les murs du bureau du dirigeant, à Caluire. Et un attrait fort pour la photo africaine, qui devrait le conduire à visiter la biennale de la photo de Bamako, en 2011.




Partage de valeurs

Sans chercher à imposer ses goûts à ses collaborateurs, il ne les cache pas. Comme une invitation au partage. Sogelink est ainsi partenaire de la biennale d'art contemporain, à Lyon, ce qui a permis à l'équipe de visiter les expositions. «Nous évoquons nos goûts par petites touches dans l'entreprise, pour que les valeurs de chacun soient partagées», explique-t-il. Le respect de la personnalité et des valeurs des uns et des autres est à la base de l'entreprise. Car Sogelink est née de ce rapprochement fortuit de deux personnalités très complémentaires. Ignace Vantorre, le P-dg à l'origine de la création de la plateforme de dématérialisation des documents de chantiers, est un «entrepreneur né bourré d'idées et féru de technologies». Il se charge plus particulièrement de la vision stratégique de l'entreprise et de la R & D.Matthieu Ponson, qui concède être difficile à manager, aime les missions alliant commercial, communication, mise en réseaux... Il se charge, au quotidien, de la gestion de l'entreprise et de ses salariés.




À l'école du CJD

«J'essaye de pratiquer la délégation: je laisse une grande autonomie aux cadres car c'est dans ces conditions qu'ils sont les plus performants. Je ne fais pas de plan. Ce qui m'intéresse fortement, ce sont les hommes. Arriver le matin et voir tout le monde me plaît! Je suis un dirigeant à l'ancienne...» Pour manager la jeune entreprise, qui affiche une insolente progression depuis sa création - elle emploie 32 personnes pour un chiffre d'affaires de 6,65M€ en 2009-, Matthieu Ponson s'appuie sur l'enseignement reçu au sein du CJD de Lyon. Membre du centre des jeunes dirigeants depuis 2006, il estime que c'est «la meilleure école pour apprendre le métier». Il s'est lancé dans un parcours Copernic pour se professionnaliser pendant deux-trois ans. Et le met volontiers en pratique: «C'est très concret. J'utilise tous les jours ces outils de prise de posture qui consistent à essayer de changer de posture face à un problème pour mieux le résoudre.» À la clé: un dirigeant épanouit, à l'optimisme contagieux.