C'est la saison. Les salons dédiés au mariage fleurissent. Après Nantes au parc de la Beaujoire et Rennes au parc des expositions les 7, 8 et 9novembre derniers ou Saint-Nazaire le 16novembre, Vannes accueillera à son tour son salon du mariage au parc Chorus les 24 et 25janvier 2009, puis Lorient au Palais des Congrès les 31janvier et 1erfévrier. Pour le diocèse de Vannes, toujours en quête de manne pour équilibrer son budget, le mariage fait partie, avec les baptêmes et les obsèques, d'un des trois piliers du "casuel". Ce domaine est lui-même une des quatre ressources financières de l'Église avec le denier du culte, les quêtes du dimanche et les demandes de messe. «L'Église ne vit que de dons», rappelle-t-on au Diocèse. «Le barème est de 130€ à 150€ par mariage. Mais des dons supérieurs sont toujours possibles.Et si la famille ne peut rien donner, le mariage a lieu quand même...»
Panier moyen de 10.000 €
Pourtant lorsqu'il s'agit d'organiser la fête, le porte-monnaie est tout à coup plus extensible. La robe, le costume, la location de salle, la décoration, les fleurs, le traiteur, l'animation... Sans oublier les petits plus qui font sensation: la limousine, le feu d'artifice, le photographe et même le film vidéo. Si le panier moyen d'un mariage est estimé autour de 10.000 € à 11.000€, il peut aussi vite atteindre des sommets. Guillaume Michel, gérant de Klassic Limousine à Lorient, est de ceux qui proposent des prestations de prestiges. Il a déjà participé à des mariages de plus de 30.000 €. «J'ai une partie de ma clientèle parisienne qui vient se marier en Bretagne. Ils ont les moyens», constate-t-il. À côté des transferts de VIP, des prestations auprès des discothèques, la majorité de son chiffre d'affaires est réalisé grâce aux mariages. Guillaume Michel propose sa limousine, son taxi anglais, sa Jaguar, pour une à cinq heures ou un forfait week-end. Budget? De 150€ à 3.000€. Il compte d'ailleurs investir prochainement dans l'achat d'un à deux véhicules supplémentaires, dont une nouvelle limousine.
80% du budget au traiteur
Dominique Boulch anime plus de 40 mariages par an avec sa société Impact Animation à Hennebont. «Parfois, c'est no limit! 250 invités, le meilleur traiteur de Bretagne, un chapiteau avec vue sur mer...», raconte-t-il. Quand on estime entre 80 et 100 € tout compris (location de salle, traiteur, animation) ce que coûte un invité, le calcul est vite fait. Pris chaque samedi de l'année, et même en semaine en août, le plus fort de la saison, Dominique Boulch remplit son agenda un an et demi à l'avance. À 730 € TTC la prestation, le DJ connaît par coeur les manoirs et châteaux de la région, ses lieux privilégiés. D'ailleurs, le manoir de Kercadio, à Erdeven, ouvert seulement de mi-avril à fin octobre, se limite dans l'accueil des mariages. «Nous en accueillons une cinquantaine chaque année, uniquement le week-end», explique Dominique Jachnik, l'épouse du gérant. Ici aussi, la réservation se fait un an et demi à l'avance. «Nous en refusons une centaine!», complète-t-elle. Ses mariés, en majorité des Parisiens, ont souvent des attaches dans le Morbihan. «Nous avons également beaucoup de résidents étrangers du fait de notre communication à 90% par internet.» Le manoir propose aussi une liste de traiteurs qui travaillent régulièrement sur le site, mais chaque marié a le choix. Cette part du budget d'un mariage représente souvent près de 80%.
Le multimédia s'invite
D'autres business, plus high-tech, émergent. Video-Life (www.video-life.fr), jeune société de Mesquer (Loire-Atlantique) travaille avec des "wedding planeurs" vannetais comme Blanc Bleu Rêve (voir ci-dessous) ou LJV Événements. Mathilde Givelet, la créatrice, propose livres d'or et arbres généalogiques multimédias. Et aussi faux reportages avec équipe et caméra mobilisées sur les lieux du mariage. «Nous proposons des produits à haute valeur ajoutée mais l'entrée de gamme pour un arbre généalogique reste abordable: 300 à 400 €», explique Mathilde Givelet, qui voudrait idéalement recruter un monteur vidéo, un commercial et un spécialiste du multimédia. Désireuse de toucher aussi le monde de l'entreprise, elle a également mis en place des faire-parts audio via e-mails, gravés sur CD ou clé USB. Le cybermariage est déjà là.
A quelques semaines des salons dédiés au mariage dans le Morbihan, focus sur une institution qui semble plutôt bien se porter. Le mariage génère des activités, des métiers connexes et un tissu économique. Des territoires vierges restent à explorer, notamment dans le domaine des technologies de l'information et de la communication.
Nicolas Mollé et Violaine Pondard