Le 23 septembre dernier, les conseils d’orientation et de surveillance des Caisse d’Épargne Normandie et Hauts-de-France ont validé le lancement d’une étude d’opportunité et de faisabilité afin de mener à bien une alliance entre les deux entreprises.
Objectif : former une banque coopérative territoriale de premier plan au sein du groupe BPCE et de peser sur le marché bancaire français. "La crise financière, la crise énergétique et l’inflation nous ont amenés à partager de nombreux éléments à l’origine de ce projet de rapprochement. Un contexte économique et réglementaire incertain et complexe qui justifie ce changement d’échelle", souligne Bruno Goré, président du directoire de la Caisse d’Épargne Normandie.
Des capacités financières accrues
Le nouvel ensemble disposerait ainsi de capacités d’accompagnement démultipliées pour les 1,6 million de clients particuliers actifs, 50 000 clients professionnels et 4 000 entreprises. Ainsi, alors que les capacités de financement de la Caisse d’Épargne Normandie ne pouvaient excéder entre 60 et 80 millions d’euros par dossier d’entreprise, avec également la possibilité d’un financement participatif grâce à la plateforme Kiwaï dédiée à la transition écologique, le rapprochement des deux Caisse d’Épargne change la donne.
"De grands projets industriels voient le jour dans nos deux régions, et avec cette alliance nous n’aurons plus besoin de faire appel à d’autres structures de financement. Nous serons en capacité d’être partenaire sur les grosses opérations portuaires ou encore le chantier EDF de Penly. Avec une capacité de financement qui pourra monter jusqu’à 240 millions d’euros pour les projets d’entreprises, nous pourrons développer plus facilement ces grands projets", se félicite Bruno Goré.
Prise de décision de proximité
L'alliance sera sans impact sur l'emploi, assure-t-on à Caisse d'Epargne. L’identité territoriale de chacune des deux banques serait maintenue, ainsi que leur présence dans les écosystèmes locaux et, enfin, la prise de décision en proximité. Ce dont ne veut pas croire le président du conseil régional de Normandie Hervé Morin qui a assuré sur X que "les décisions se prendront à Lille pour la Normandie".
Le nouvel ensemble combiné atteindrait environ 1 milliard d’euros de produit net bancaire, 600 000 sociétaires et 4 600 salariés (1 800 en Normandie et 2800 dans les Hauts de-France). "L’association de ces deux banques régionales solides, fortement dotées en fonds propres, et certifiées toutes deux B Corp (label certifiant des entreprises avec un impact sociétal et environnemental positif, NDLR), serait un accélérateur de développement pour toutes les clientèles de la Normandie jusqu’aux Pays Bas", assure Laurent Roubin, président du directoire de la Caisse d’Épargne Hauts-de-France.
La signature du protocole de rapprochement par les conseils d'orientation et de surveillance des deux banques devraient intervenir en décembre 2024 ou en janvier 2025. Si le processus va à son terme, la fusion devrait intervenir en 2026.