Depuis 2006, l'ESC Rennes a opéré une internationalisation totale. Et c'est vrai que lorsqu'on franchit les portes de l'établissement, on n'a plus vraiment l'impression d'être en Bretagne. Ni même en France. L'anglais est la première langue employée par les étudiants dans leurs échanges au quotidien. Et il n'est pas très original d'entendre du chinois. Un tiers des étudiants sont d'origine étrangère (55 nationalités). Et sur les 74 professeurs permanents, 80% viennent de pays extérieurs à la France. «C'est unique en France et en Europe. Dans les écoles, le taux de professeurs étrangers oscille entre 0 et 20%», fait remarquer Olivier Aptel, son directeur. Et de décrire la stratégie de l'ESC Rennes: «être capable d'intégrer la globalisation de l'économie.»
Campus délocalisés
Alors que l'école finalise en ce moment son plan stratégique à cinq ans, on n'est donc pas surpris d'apprendre que cet ADN international sera encore renforcé. «Cette école doit devenir un véritable hub mondial en Bretagne au travers de campus délocalisés.» L'ESC travaille ainsi à la création d'un réseau entre capitales mondiales et Rennes. Grâce à des partenariats avec des institutions à Moscou, Pékin, Rio et Rabat, l'école multiplie les échanges. Échanges d'étudiants, de professeurs, mais aussi en matière de recherche. «Rabat est la ville où c'est le plus abouti, décrit Olivier Aptel, avec l'ESCRR (pour Rennes-Rabat).Des étudiants sont recrutés pour nous sur la base de nos programmes au sein de l'Université internationale.» Actuellement, ils sont une centaine, mais «l'objectif est de dépasser les 700 d'ici à cinq ans.» Et qu'y apprend-on? «L'idée est d'enseigner des méthodes pour aborder les marchés islamiques. Il s'agit de constituer un campus de connaissances autour de problématiques liées au monde islamique», explique Olivier Aptel. Un directeur qui ne cache par ailleurs pas ses ambitions pour l'ESC Rennes.
Cap sur les 3.000 étudiants
En 2006, l'établissement jouxtant la CCI Rennes formait 1.400 étudiants. Aujourd'hui, ils sont 2.341. Et demain? «L'idée est de dépasser les 3.000 étudiants à moyen terme. On dépassera les 2.500 en 2012 et les 3.000 d'ici à trois ans.» Pourquoi une telle boulimie? «Parce qu'avoir plus d'étudiants nous fait peser davantage. C'est notre vecteur de croissance principal», poursuit le patron de l'ESC Rennes. Moyennant un investissement de 8,5 M€ - pour un budget annuel de 17M€ - la business school a inauguré en décembre une extension de ses locaux.
Formation Grâce à son campus de Rabat, l'ESC Rennes veut sensibiliser les étudiants aux marchés islamiques. 700 jeunes seront formés au Maroc d'ici à 5 ans.