Mac Lyon : Ben aussi bien que Keith Harring?

Mac Lyon : Ben aussi bien que Keith Harring?

L'exposition ludique de Keith Harring avait engrangé 1,5 M€ de recettes. Ben, ses écritures et ses installations faites de récupération en tout genre, rapporteront-ils autant? Thierry Raspail attend deux ou trois mois pour se prononcer.

«C'est la rumeur publique qui fera le succès de l'exposition.» Thierry Raspail, directeur du musée d'art contemporain installé à la Cité internationale de Lyon, annonce une fourchette basse pour les recettes de l'exposition Ben qui se tient jusqu'au 11juillet: 500.000€. «C'est le montant investi par la Ville de Lyon pour le transport des oeuvres, les assurances, la scénographie, l'édition... Nous visons donc l'équilibre. En plus, les échanges de services avec des partenaires privés se montent à près de 300.000€.» C'est le budget moyen, à 15% près, des expositions temporaires organisées par le musée. La rétrospective Keith Harring, en 2008, avait généré un chiffre d'affaires d'1,5M€ pour un bénéfice de 800.000€. Les recettes proviennent des ventes des billets d'entrée et des soirées commercialisées auprès des entreprises. 168.000 visiteurs avaient fait le déplacement.




Un lieu qui compte

S'il fut un temps où les entreprises étaient difficiles à convaincre, la tendance s'inverse: «Depuis une dizaine d'années, on constate une vraie dynamique autour de l'art contemporain de la part du privé, affirme le directeur. En échange, on peut facilement mobiliser des partenaires locaux, comme ATC pour la signalétique sur l'exposition Ben qui a tout de suite répondu présent. Mais il est plus compliqué de convaincre des gros mécènes dont les sièges sociaux sont à Paris. Pour qu'ils y voient un intérêt, il faut créer des scènes locales fortes.» Selon Thierry Raspail, «si on expose des artistes comme Andy Warhol, Keith Harring ou Ben, c'est que le Mac Lyon est devenu, auprès du grand public, mais surtout des professionnels de l'art contemporain, un lieu qui compte». Un atout que le directeur du musée entend valoriser auprès des entreprises tout autant que de la Ville de Lyon. «Nous sommes en négociation avec la Ville pour disposer d'un autre lieu afin de mettre en avant la collection permanente, la vraie richesse du musée au regard des professionnels.» Il évoque notamment la Sucrière pour les expositions temporaires, en dehors des mois consacrés à la biennale d'art contemporain. Cette stratégie se fait en parallèle de cet événement. «Il existe près de 200 biennales d'art contemporain dans le monde, ajoute Thierry Raspail. Dans 20 ans, il n'en restera qu'une vingtaine, je veux faire en sorte que celle de Lyon en fasse partie.» Sur l'année, le Mac Lyon compte 45 emplois équivalents temps plein.