120.000 usagers par jour. C'est ce qu'accueille le hall de la gare de la Part-Dieu, initialement conçu pour 35.000 usagers quotidiens à son ouverture en 1983. Or les études réalisées par les partenaires du projet d'agrandissement de la gare prévoient plus de 220.000 passagers d'ici à 2030 et près de 300.000 montées et descentes d'usagers des transports en commun. Gérard Collomb défend la construction d'une douzième voie accompagnée de la réorganisation du pôle d'échange multimodal pour fluidifier les déplacements locaux, nationaux et internationaux.
Gare souterraine
L'objectif est de renforcer le positionnement du quartier d'affaires, 2e derrière celui de La Défense avec près d'un million de m² de bureaux, 2.200 établissements et 45.000 salariés, tout en le rendant plus agréable, avec la construction de logements et l'implantation de commerces. À terme, le président du Grand Lyon préconise la création d'une gare souterraine. Car, après la création de cette voie L, attendue pour 2021, puis des voies M et N encore envisageables, la gare ne pourra plus en accueillir d'autres.Dans l'opposition, des voix s'élèvent pour défendre, a contrario, le développement du pôle multimodal de l'aéroport Lyon-Saint Exupéry dont les liaisons ferroviaires sont sous exploitées. Mais les mouvements patronaux n'opposent pas les deux projets. « Le projet de gare souterraine à La Part-Dieu et la montée en puissance de la gare de Saint Exupéry ne sont pas à opposer, argumente Bernard Fontanel, président du Medef Lyon-Rhône. Ces deux projets répondent à des enjeux différents et ne s'inscrivent pas sur la même échelle temps. La gare souterraine de La Part-Dieu est un projet à long terme. Pour faciliter le trafic, notamment le trafic TER, la création d'un quai supplémentaire est une bonne option. Dans le même temps, il faut développer le trafic TGV à Saint Exupéry pour soulager La Part-Dieu. »
Un poumon extraordinaire
De son côté, la CGPME estime que les deux projets doivent être menés en parallèle, le développement de La Part-Dieu devant nécessairement alimenter celui de l'aéroport : « Je suis allé en délégation économique à Séoul et au Japon, où j'ai visité des gares multimodales extraordinaires en centre-ville. Les résistances sont compréhensibles mais le mouvement économique qui peut être généré par cette nouvelle gare avec des hôtels, des séminaires, des boutiques est un poumon extraordinaire, souligne pour sa part François Turcas, président de la CGPME du Rhône. L'aéroport Lyon-Saint Exupéry est à 30 minutes de La Part-Dieu avec Rhône express. Le développement de La Part-Dieu apportera donc un mouvement important à la gare TGV de Saint Exupéry. Les deux sont des projets parallèles. »Intimement liés pour accroître l'attractivité de la ville de Lyon, ces deux axes forts du territoire font l'objet de l'attention de la CCI de Lyon. Celle-ci vient ainsi de rendre son avis sur la modification de la directive territoriale d'aménagement de la plaine Saint Exupéry. « Nous avons désormais un outil d'aménagement du territoire en ordre de marche pour développer de grands projets », explique Emmanuel Imberton, président de la CCI de Lyon. La mise en place à Saint Exupéry d'équipements évoqués de longue date comme la plateforme multimodale, le projet Lyon-Turin ou encore le contournement ferroviaire de Lyon vont donc pouvoir prendre toute leur place. L'enjeu du développement de l'aéroport - qui se situe en dehors du pôle métropolitain - sera sans doute de nouveau renforcé lorsque l'État sortira de son capital (dont il détient 60 %) au profit de la CCI et des collectivités locales.
La gare de desserte du 2e centre d'affaires de France est saturée. L'accessibilité de Lyon, par la Part-Dieu ou la gare TGV de Saint Exupéry est au coeur du débat.