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L’usine sarthoise Albéa Cosmetics soutenue par l’Ademe pour alléger le plastique de ses bouchons de parfum
Le Mans # Industrie # Transition écologique

L’usine sarthoise Albéa Cosmetics soutenue par l’Ademe pour alléger le plastique de ses bouchons de parfum

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Albéa, leader mondial des emballages cosmétiques et pharmaceutiques, engage une transition écologique dans son usine située près du Mans. Une démarche qui est soutenue par l’Ademe au titre du programme France 2030. Le site sarthois est le centre de référence du groupe pour la production de bouchons de parfums et sert les marques les plus prestigieuses.

Près du Mans, Laurent Pesqueux dirige l’usine de référence pour la production de capots de parfum du groupe Albéa — Photo : Frédéric Gérard

L’usine sarthoise d'Albéa Cosmetics, située à Parigné-l'Évêque près du Mans, a engagé une démarche d’innovation et de transition écologique. À ce titre, l’entreprise a bénéficié d’un financement d'un million d'euros dans le cadre du dispositif France 2030. Ce chèque est versé par l’Ademe. Il vient appuyer l’emploi de matières premières recyclées dans le processus de production en injection plastique.

L’usine est le centre de référence du groupe Albéa en Europe pour la production de bouchons de parfums uniques pour des marques prestigieuses. Le groupe francilien (1,5 Md€ de CA en 2023), leader mondial des emballages cosmétiques et pharmaceutiques, possède 34 usines dans quatorze pays et emploie 13 500 personnes. Quatre de ses six usines en France, situées en Sarthe, ainsi que dans la Somme, la Saône-et-Loire et le Morbihan, appartiennent à la même division.

Un tiers de plastique vierge en moins

Ce coup de pouce de France 2030 à hauteur de 20% des investissements entrepris permet de lancer un programme de réduction des plastiques vierges. "Nous en utilisons actuellement 1 000 tonnes à l’année. L’objectif d’ici trois à cinq ans est de produire avec 30 % de matières recyclées, indique le directeur de l’usine, Laurent Pesqueux. Mais ces matières sont plus compliquées à travailler. Cela nécessite des temps d’études, d’adaptation, de tests et de nouvelles machines."

Des clients prestigieux

Les clients y sont sensibles, glisse le directeur, au titre de la RSE. Chanel, Dior, Yves Saint Laurent, Guerlain, Paco Rabanne, Cartier, Givenchy… Tous les grands noms ont au moins un de leurs parfums protégés par un bouchon "Made in Parigné-l’Évêque", comme disent les salariés du site. La résilience de ces clients du luxe offre une certaine sécurité à l’activité de l’usine sarthoise, en progression constante et avec un exercice 2023 record. "Il faut toujours veiller à s’aligner sur la volonté des clients et s’adapter constamment", insiste néanmoins le directeur.

Albéa a quatre concurrents, principalement Français. "Notre différence se fait sur la qualité de nos services et la proximité avec nos clients, commente Laurent Pesqueux. Ce site près du Mans est pour nous stratégique. Nous sommes à une heure en train et deux heures en voiture des Champs-Élysées à Paris, où se trouvent tous nos grands clients."

Plus de 70 millions de pièces à l'année

La durée de vie d’un parfum, hormis quelques classiques incontournables, est de dix à quinze ans. Pour un nouveau produit, de la conception à la mise en production, en passant par l’adaptation des outillages, il faut parfois plus de dix mois de travail. "Nous venons tout juste d’obtenir l’exclusivité pour le prochain Guerlain. Mais vous ne verrez le résultat que pour les fêtes de fin d’année en 2025", cite en exemple Laurent Pesqueux à la sous-préfète du Mans Christine Torres, en visite le 13 décembre 2024.

Pour les plus grandes marques, "il faut être prêt à produire entre 600 000 et un million de pièces pour le lancement mondial d’un nouveau produit dans 170 pays". Pour éviter la surchauffe, "nous pouvons sous-traiter des pièces plus standards dans d’autres sites en France, qui fabriquent aussi des tubes pour les rouges à lèvres, du mascara ou des pots pour les crèmes de beauté", précise Alain Raison, le responsable de production.

Contrôle de production de capots chez Albéa Cosmetics à Parigné-l’Évêque en Sarthe. Les produits de luxe ne tolèrent aucun défaut — Photo : Frédéric Gérard

"Nous n’avons pas d’activité saisonnière, poursuit le directeur. Les gens pensent que nous produisons surtout pour les fêtes de fin d’année, la Saint-Valentin et la fête des mères. En fait, l’usine tourne sept jours sur sept, avec trois équipes en semaine et deux le week-end." Le site de 180 salariés produit à l’année "de 70 à 80 millions de pièces, pour environ 300 références".

Des leviers déjà activés sur les déchets

L’usine est très automatisée pour tenir les cadences. Une extension en 2018 a permis de séparer les activités production et assemblage-collage. Au fond de cet atelier, deux machines de collage automatique haute cadence sont dédiées à l’année aux productions spécifiques de deux grandes marques. L’entreprise se diversifie aussi dans l’ornement des flacons, avec des pièces à l’effigie de la marque collées sur le verre, par exemple.

"En accord avec le client et son design, nous essayons aussi de réduire le volume de matière nécessaire à la production de chaque pièce", explique Laurent Pesqueux. Les rebuts sont triés en bout de chaîne par type de plastiques pour alimenter la filière de recyclage.

L’entreprise a réduit ses déchets de 45 % en sept ans. "Nous avons mis en place la réutilisation de certains emballages qui ne servaient jusqu’ici qu’une seule fois. Par exemple, les clients nous retournent les alvéoles de livraison", cite le directeur.

Le bilan carbone de la logistique allégée

Pour sa propre logistique, l’usine va également réduire son empreinte carbone. "Jusqu’ici, nous disposions d’un entrepôt (Ziegler) à La Ferté-Bernard. À partir de janvier 2025, il sera de l’autre côté du rond-point. Nous allons ainsi économiser 200 kilomètres de trajets par jour effectués par les allers-retours des camions, remplacés par des transports à 300 mètres en porteur électrique", annonce le directeur. Ce déménagement ne va pas entraîner de modifications des capacités de stockage, de 4 000 palettes en plus du magasin de 1 000 m2 sur le site d’Albéa. Mais ce nouveau contrat de douze ans signé avec Le Ray induit un changement d’opérateur. Les nouveaux bâtiments en construction depuis juillet 2024 dans la zone de la Boussardière ne sont pas un investissement en propre du fabricant de capots de flacons de parfum.

Le Mans # Industrie # Plasturgie # Emballage # Luxe # Parfum et cosmétique # Transition écologique