L’Union Régionale du Transport d’Alsace (FNTR) a engagé un recours auprès du Tribunal Administratif de Strasbourg contre le R-Pass, du nom de l’écotaxe poids lourds qui entrera en vigueur au 1er janvier 2027 sur les principaux axes autoroutiers alsaciens afin de limiter le trafic international de transit. Porté par la Collectivité Européenne de l’Alsace (CEA), ce projet a suscité la désapprobation d’une grande partie du monde économique alsacien jusqu’à l’adoption, en octobre 2025, par les élus de la CEA des modalités d’application et de la grille tarifaire de cette écotaxe qui s’appliquera aux véhicules de plus de 3,5 tonnes conçus pour le transport de marchandises.
Une action soutenue par le Medef Alsace et plusieurs organisations professionnelles
C’est à l’issue de ce vote que la FNTR Alsace a mandaté un cabinet d’avocats parisien pour déposer, le 22 décembre 2025, un recours suspensif auprès de la justice. L’organisation professionnelle de la branche transport et logistique a depuis été rejointe dans cette démarche par le Medef Alsace, l’UIMM, France Chimie Grand Est et l’ARIA Alsace qui fédère les industries alimentaires.
Ces acteurs économiques considèrent le R-Pass comme un "impôt local de production", synonyme de perte de compétitivité, qui fragilisera leurs organisations et impactera le pouvoir d’achat des consommateurs. Des discussions ont bien été engagées avec la Région Grand Est, qui dispose de la compétence économique, à l’inverse de la CEA en charge des infrastructures routières en Alsace, mais celles-ci n’ont toujours pas abouti au sujet de compensations financières à destination des entreprises locales.
Pour rappel, le R-Pass vise à résorber le trafic international de transit, en forte augmentation depuis la hausse de la LKW-Maut, son équivalent outre-Rhin, ainsi qu’à améliorer la sécurité, réduire les nuisances en termes de pollution et à entretenir les infrastructures routières.
La Collectivité Européenne d’Alsace déploie actuellement son système satellitaire
Après avoir désigné l’allemand T-Systems, filiale de Deutsche Telekom, et la Grenobloise d’Électronique et d’Automatismes (GEA) pour la collecte et le contrôle de son écotaxe, la Collectivité Européenne d’Alsace procède actuellement au déploiement de son système satellitaire sur des portiques situés sur l’A35 et l’A36 ainsi que deux portions de départementales reliant la France à l’Allemagne au nord de Strasbourg. Soit 200 kilomètres de routes appelés à être soumis à cette taxe. La collectivité territoriale attend 50 millions d’euros de recettes à l’issue de la première année de mise en service du R-Pass.