Qu’est-ce que vous procure le sport aujourd’hui ?
L’ultra-trail me permet de faire un reset, cela me vide complètement la tête. Lorsque je reviens, j’ai les idées plus claires, je pense différemment et je gagne en efficacité. Avoir les idées claires, trouver des solutions, être inventif et persévérant sont indispensables dans mon activité professionnelle pour Simecatec en tant que consultant en exploitation de véhicules de compétition pour les équipes professionnelles.
On retrouve la compétition dans votre vie professionnelle comme dans votre vie sportive…
Je participe à des compétitions de haut niveau en circuit, rallye, rallye-raid et glace. Dans ce cadre, je développe des outils de réglage ou maintenance, des pièces prototypes, d’instrumentation et de l’électronique embarquée, et surtout j’optimise les performances des voitures en analysant les datas et en adaptant tous les réglages à la combinaison de paramètres pilote, terrain et météo. Je propose aussi de la sous-traitance en ingénierie mécanique générale, ce qui englobe la conception de pièces. C’est particulièrement utile pour les Véhicules Historiques de Compétition (VHC) pour lesquels il est très difficile de trouver des éléments de rechange. J’ai d’ailleurs pour projet de m’équiper d’un scanner 3d et de logiciels performants afin de pouvoir reconcevoir et fabriquer des systèmes complexes comme des moteurs ou des boîtes de vitesses. Effectivement, j’aime le côté technique et la vitesse que procure le sport automobile mais aussi et surtout la compétition. C’est cette recherche de performance qui me passionne et que je retrouve également dans le sport.
Avez-vous toujours été un passionné de sport ?
J’ai démarré le sport assez jeune. J’ai fait 15 ans de judo en participant à plusieurs championnats de France. Une fois entré dans la vie adulte, j’ai arrêté la compétition. Ce n’est qu’après 30 ans que j’ai recommencé à m’entraîner.
Pourquoi être passé à la course à pied ?
J’ai commencé par hasard avec des copains. J’ai ensuite continué tout seul. Au bout de deux années, je me suis lancé dans les courses ultra-trails où les distances peuvent aller jusqu’à 200 kilomètres. Jusqu’à présent, ma course la plus longue a duré 41 heures lors de l’Ultra-Trail du Mont Blanc, qui se déroule sur 150 kilomètres avec 9 000 mètres de dénivelé. Un défi très intense.
Était-ce le moment le plus fort de votre vie de sportif ?
C’était incroyable mais la course qui m’a le plus marqué est celle du Trail du Bourbon, sur l’île de la Réunion. Sur 100 kilomètres avec un dénivelé positif de 6 120 mètres, on enchaîne des paysages incroyables. Cela reste mon plus beau souvenir.
Comment vous préparez-vous à ce type de course ?
En plus de courir, je pratique aussi du vélo de route et de la randonnée. C’est primordial de mixer les sports pour réduire les chocs, gagner en endurance et ainsi limiter les blessures. Je me prépare minimum trois mois en amont de la course, à raison de 10 à 12 heures par semaine. Je m’entraîne principalement les soirs et les week-ends pendant lesquels j’en profite pour faire des sorties longues de 6 heures, principalement en Forêt-Noire en Allemagne. Quelques semaines avant l’objectif, je fais aussi ce que j’appelle des périodes chocs. En résumé, je pars pendant 4 à 7 jours et j’enchaîne les sorties longues de 4 à 7 heures par jour.
"On trouve toujours les ressources pour ne pas abandonner"
Comment fait-on pour courir aussi longtemps ?
Personnellement, c’est la compétition qui m’anime. J’ai toujours aimé ça : aller plus loin dans la performance, dans le dépassement de soi. Sur une telle distance, on n’est pas en compétition avec les autres coureurs mais avec soi-même. Mais je me suis rendu compte que lorsque c’est difficile, on trouve toujours les ressources pour ne pas abandonner. J’éprouve une grande satisfaction lorsque je termine une course… Je me dis que si j’ai relevé ce défi, je peux en relever d’autres ! J’applique cette façon de penser également dans mon entreprise.