LRMP : "Rien ne se fait dans notre sens", Roland Delzers, président régional de l'Union Professionnelle Artisanale

LRMP : "Rien ne se fait dans notre sens", Roland Delzers, président régional de l'Union Professionnelle Artisanale

L'Union professionnelle Artisanale se mobilise contre l’article 43 du projet de loi Sapin 2. Une réunion à Carcassonne avec la présence de Jean-Pierre Crouze, président de l’UPA Roland Delzers, est organisée sur ce sujet le vendredi 27 mai. Le président préfigurateur de l’UPA Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées explique ses inquiétudes sur la loi Sapin 2 et continue de dénoncer la loi travail.

Qu'est-ce qui vous déçoit dans la loi travail ?
« Les élus et politiques nous citent souvent en exemple parce que nous assurons la richesse des territoires, parce que nous créons des emplois et que nous assurons l’intégration sociale et de proximité dans les grandes comme les petites communes. Et puis, rappelons-le, nous représentons 98% des entreprises sur le plan national, soit un chiffre d’affaires global de 380 milliards d’euros. Pourtant rien ne se fait dans notre sens. Au nom des 136 700 TPE et PME que je représente en région, je suis très déçu. On attendait beaucoup de la loi EL Khomri, notamment sur le code du travail, mais finalement très peu de changements à ce niveau-là. On a supprimé le plafonnement du licenciement et ce code reste un fléau pour les TPE/PME. Je rappelle qu’il n’y a pas de DRH chez les artisans !

Votre avis sur l'abaissement des taux de majoration sur les heures supplémentaires ?
La loi El Khomri donne la possibilité d’abaisser les taux de majoration jusqu’à 10% sur les heures supplémentaires à condition qu’il y ait un accord d’entreprise. Une mesure qui ne peut être appliquée dans une entreprise de moins de 50 salariés. La conséquence ? Un salarié insatisfait qui ne pourra pas compter sur un supplément de salaire et des chefs d’entreprises qui vont se trouver face à la concurrence des grandes entreprises...

La loi Sapin 2 prévoit une baisse d'exigence en terme de qualification. Comment réagissez-vous à cette mesure ?
La loi Sapin 2 nous inquiète aussi, avec la prévision de simplification des qualifications obligatoires pour encourager l’artisanat : cela revient à dire que n’importe qui pourra s’installer. La déréglementation des métiers est une aberration : on ne pas s’improviser professionnel qualifié sans formation ! Ce serait négatif, et pour le client et pour l’entrepreneur. On parle de valoriser l’apprentissage, mais si l’on dit à un jeune qu’il n’a pas plus besoin de CAP ou d’une autre formation pour s’installer, comment l’Etat envisage-t-il de monter les chiffres de l’apprentissage ?