«Votre entreprise a sa place au Louvre-Lens et le Louvre-Lens a sa place dans l'entreprise.» Ce slogan est celui du Louvre-Lens et le message à destination des PME-PMI régionales. Si les grands mécènes: bâtisseurs exceptionnels, grands mécènes bâtisseurs, mécènes bâtisseurs, grands partenaires sont au rendez-vous, qu'en est-il du tissu économique régional voire local? En pleine crise économique, à un mois de son ouverture, le futur musée est-il au coeur de leurs priorités?
200 dirigeants mobilisés
Premiers éléments d'éclairage le 27septembre dernier. L'agence de Lens de la CCI Artois était presque trop petite pour accueillir ces patrons venus découvrir ce que pourrait être «leur Louvre». Impliquée au premier plan dans ce dossier, la CCI Artois a rassemblé quelque 200 chefs d'entreprise. Assidus, les dirigeants ont été discrets. Peu de questions mais des contacts noués plus tard de visu. «Nous avons voulu une diversité des offres pour que chacun ait une place», avance Raphaël Wolff, responsable du service communication et des relations extérieures du musée. Porté par le Crédit Mutuel Nord Europe, le Club d'entreprises des mécènes du Louvre-Lens, a un ticket d'entrée fixé à 1.200euros avec un certain nombre d'accès gratuits. Suivent plusieurs catégories: partenaire dès 6.000euros, associé dès 12.000euros, et bienfaiteur à partir de 24.000euros.
Des offres revues
Des montants que beaucoup jugent encore trop élevés. «Au sein de Low Cost je suis très intéressée, pour éventuellement m'associer à cette démarche avec des confrères. Mais 1.200euros pour une année de mécénat, cela reste encore extrêmement cher pour une petite entreprise», livre Carine Capron, responsable de la structure sur Hénin-Beaumont. Pourtant, au regard de ce que pratique le Louvre à Paris, avec des montants oscillant entre 6.000 et 128.000euros, l'offre a été repensée pour coller aux réalités économiques de la région. «Initialement, les montants étaient plus importants. Ils étaient déconnectés du tissu économique régional», glisse un observateur.
Une place pour les TPE ?
Pour d'autres, ce n'est pas tant l'offre qui pose problème mais la place réservée aux entreprises qui pose question. «Le discours est mis sur l'accessibilité aux PME mais pas pour les TPE. Pour les TPE, nos interlocuteurs bottent en touche. C'est frustrant. J'espère que les acteurs du Louvre-Lens vont revenir sur terre», regrette Bruno Caloone, de l'imprimerie éponyme. Et d'ajouter: «Ce musée est un projet magnifique et qui peut être fédérateur pour tout un territoire.»
Des convaincus
D'autres ont franchi le pas, à l'image d'Emmanuel Ioos, concessionnaire automobile à Loison-sous-Lens. «Nous finalisons notre engagement en tant que mécènes. Le Louvre-Lens se construit dans ma ville. Ce lieu de culture suscite plein d'attentes.» Ancien sponsor du RC Lens, Emmanuel Ioos se lance dans le mécénat culturel. En attendant, il saisira l'opportunité d'y présenter la Zoé, la petite voiture électrique du constructeur au losange.
Le mécénat, une nouveautésur le territoire
Après les mécènes majeurs, les PME sont courtisées sur ce dossier. «Il y a un potentiel énorme de mécénat auprès des PME mais qui implique un gros travail. C'est un enjeu sur un territoire qui rencontre des difficultés et pour qui le mécénat est une nouveauté», détaille Anne-Marie Sosnierz, fondatrice du cabinet Entreprendre en Culture, spécialisé en mécénat, à Roubaix. À un mois de l'ouverture, personne ne démentira donc l'intérêt des PME pour le Louvre-Lens. Mais sur la ligne de départ le 4décembre, combien seront-elles? Une chose est sûre: si elles choisissent de s'engager, elles devront s'armer de patience pour joindre l'équipe en charge de ce dossier au sein du musée. Présents sur tous les fronts, ces personnels restent injoignables. Le mécénat, ça se mérite.
Quelle place pour les PME-PMI et TPE au sein du Louvre-Lens. Un club d'entreprises mécènes a été créé à leur attention. Pour autant, seront-elles au rendez-vous du 4décembre pour l'ouverture et partenaires sur la durée du musée? Intéressées oui, engagées pas encore!