Dans les 90 m² qui composent le Laboratoire Frohman, se trouvent cinq départements de prothèses atypiques et sur-mesure : prothèses mammaires, compressives, épithèses maxillo-faciales et oculaires. « Nous ne sommes qu'une quinzaine d'épithésistes en France, et je suis la seule fabricante en Lorraine associant tous les appareillages de la face dans une seule et même structure », précise Jacqueline Frohman, gérante du laboratoire, d'un effectif de deux personnes, créé en 1998. Le chiffre d'affaires n'est pas communiqué, mais « il est en hausse de 24 % », confie celle qui a reçu fin novembre le Trophée national des « Femmes de l'Économie » dans la catégorie « Nouvelles Technologies. »
Deux brevets déposés
Et si Jacqueline Frohman a reçu cette distinction, c'est pour un projet « innovant pour la fabrication d'implants maxillaires. » Deux brevets ont été déposés séparément. Le laboratoire LEM 3, a déposé un brevet pour la « mise en oeuvre d'un matériau à base de titane en fabrication additive » et Nadia Jessel, directeur de recherche à l'Inserm Strasbourg, sur « des nano-réservoirs qui contiennent un facteur de croissance, à des fins de régénération osseuse et cartilagineuse avec les cellules souches du patient. » Ce projet s'inscrit au sein d'un consortium, où un troisième acteur public intervient : l'Unité de Thérapie Cellulaire et banque de Tissus (UTCT) du CHU de Nancy, dirigée par le Professeur Danièle Bensoussan. Quatre acteurs privés interviennent également : C.RIS Pharma, Delcam France, Nimesis, et le Laboratoire Frohman. « Nous mettons en adéquation différents logiciels pour la capture, le traitement, et l'analyse par image numérique en 3D », précise Jacqueline Frohman.
Labellisé par le Pôle Materalia
« Le CHU de Nancy va être un des acteurs principaux de notre projet de Recherche et Développement car il sait identifier des patients qui pourront bénéficier de cette innovation. » Auparavant, cet implant de 4e génération sera soumis à la DGE (Direction Générale des Entreprises) « fin mars. C'est la première étape. Les services d'État en charge d'identifier les innovations dans le domaine de la santé et de l'imagerie pourront aller apprécier le potentiel de notre projet, qui a déjà été labellisé par le Pôle Materalia. » Si le projet est validé par l'État, « nous intégrerons immédiatement un designer industriel et un ingénieur chef de projet. Sur une période de trois à six ans, c'est une dizaine d'emplois qui sera créée sur tout le projet. » Si le démonstrateur est validé par la DGE, le projet pourra bénéficier du soutien de l'État et des collectivités locales. « L'avantage de cette initiative est de pouvoir générer des bénéfices dès la première année », ajoute Jacqueline Frohman.
Laboratoire Frohman
(Metz - 57) Gérante : Jacqueline Frohman CA : nc Effectif : 2 personnes www.frohman-care.com