Lorraine : Paprec investit 12 M€ dans une nouvelle usine de tri

Lorraine : Paprec investit 12 M€ dans une nouvelle usine de tri

Le groupe spécialisé dans le recyclage des déchets, Paprec, vient de mettre en production une nouvelle unité dédiée au tri de la collecte sélective, à Dieulouard. L’usine est dimensionnée pour faire face à la croissance des volumes.

Compliqué. C’est le premier mot qui vient à l’esprit de la directrice de Paprec Lorraine, Agathe Danot, à l’évocation de la mise en service de la nouvelle unité de traitement des déchets issus de la collecte des sélective. « Compliqué, parce que nous avons commencé nos recherches et nos efforts en 2009 », détaille la directrice. A l’époque, Paprec Lorraine commence à se sentir à l’étroit sur le site de Custines, un site dédié aux déchets des ménages. Le maire de Dieulouard, confronté aux difficultés de l’entreprise Gouvy, joue les entremetteurs : Paprec rachète les 55.000m² appartenant au fabricant de matériel de jardinage, qui devient son locataire. Commence le jeu des autorisations administratives, qui va aboutir à revoir totalement le projet. « Le site me semblait idéal », souligne Jean-Luc Petithuguenin, le P-dg du groupe Paprec. « A proximité de l’autoroute, desservi par la voie d’eau… Mais au final, l’usine est deux fois plus petite que ce que nous avions imaginé au début. » En cause : la nécessité de compenser par des terrains vierges de toute construction les espaces qui ont été bétonnés par Paprec, une obligation due à la proximité de la Moselle. « Nous avons déjà convaincu 18 collectivités de travailler avec nous », se félicite Agathe Danot. « Cette année, nous allons donc traiter 28.000 tonnes de déchets », pour une capacité totale du site qui pourrait aller jusqu’à 35.000 tonnes sur la collecte sélective.

Productivité multipliée par dix

Dotée des dernières technologies du secteur, l’usine est adaptée à l’évolution des consignes de tri, qui incluent de plus en plus les plastiques complexes : en France, le taux de recyclage des plastiques stagne à 23 % et les nouvelles consignes devraient être étendues à l’ensemble du territoire d’ici à 2022. « Techniquement, aujourd’hui, on peut tout recycler », affirme Jean-Luc Petithuguenin. « Le problème est de trouver le bon équilibre économique. Si je recycle à 1.000 € la tonne, quelle collectivité peut se payer ça ? » En 15 ans, la productivité des sites de recyclage du groupe Paprec a été multipliée par dix : « Car aujourd’hui, ce sont les machines qui trient », explique Jean-Luc Petithuguenin. « Ce que je faisais hier pour 300 € la tonne, je le fais aujourd’hui pour 150 ¤ dans une usine comme celle de Dieulouard. » 36 personnes travaillent sur le nouveau site : autour des lignes de tri, peu de salariés. Il faut aller en bout de chaîne, dans les cabines de « sur-tri » pour trouver le personnel. « De 80 à 90 % du tri se fait de manière automatique », affirme Jean-Luc Petithuguenin, qui ne compte dans son groupe de 4.500 salariés qu’environ « 250 trieurs, les personnes employées sur les chaînes de tri ». Une évolution dans la gestion des coûts qui se répercute sur l’investissement initial : « Pour lancer un outil de ce type il y a 10 ans, il fallait investir 1M€. Aujourd’hui, à Dieulouard, c’est 12M€, dont 6M€ dans les machines », détaille Jean-Luc Petithuguenin. Fier de son entreprise et de son positionnement en faveur du recyclage, le fondateur du groupe Paprec aime à le rappeler : « En 22 ans, depuis la création de l’entreprise, nous avons investi 900M€, soit environ 200.000 € par salarié ».

80 % du CA avec les entreprises

Affichant 25 % de croissance annuelle moyenne de ses tonnages et de son chiffre d’affaires, Paprec se présente comme le « nº1 indépendant du secteur » dans le recyclage du papier, du carton et sur la collecte sélective. Le groupe réalise 80 % de son chiffre d’affaires avec les entreprises, le reste étant généré par affaires signées avec les collectivités. « Il faut veiller à recycler ce qui est économiquement rentable », insiste Jean-Luc Petithuguenin. « Il n’est pas question de faire exploser la facture des contribuables ».

Paprec (La Courneuve - 93) : Effectif : 4.500 ; CA : 930M€