Lorraine : Handisco prépare la mise sur le marché de sa canne blanche connectée

Lorraine : Handisco prépare la mise sur le marché de sa canne blanche connectée

Après plus de 2 ans de développement, l’équipe d’Handisco rentre dans la dernière ligne droite : au premier trimestre 2017, l'assistant intelligent pour canne blanche sera disponible sur le marché.

Fin octobre, les créateurs d’Handisco, Mathieu Chevalier et Florian Esteves, ont décroché une nouvelle récompense : le prix de l’engagement sociétal pour la région Est, décerné lors du Prix de l’Entrepreneur de l’année, organisé par EY. Dans les locaux d’Handisco, les trophées s’accumulent sur une armoire, bien en évidence : « Nous avons effectivement décroché quelques belles récompenses », se félicite Florian Esteves. « Notre produit est attendu… »
Après plus de deux ans de développement, l’équipe d’Handisco touche au but : une campagne de test de son assistant intelligent transformant une simple canne blanche en objet connecté va démarrer en novembre, pour une mise sur le marché qui devrait intervenir en mars 2017. Le partenaire industriel chargé de la fabrication du boîtier est identifié, et si les dirigeants d’Handisco préfèrent encore rester discrets, ils peuvent déjà indiquer qu’il sera vosgien. « Dans un premier temps, l’assemblage se fera ici », précise Florian Esteves, « mais nous envisageons de travailler par la suite avec un ESAT ».


De multiples fonctions embarquées

Conçu pour s’accrocher sur les cannes blanches des aveugles, le boîtier en plastique cache de l’électronique et des fonctions qui en font un objet quasiment sans concurrence actuellement. L’assistant embarque un GPS, un module GPRS pour la connexion, le Bluetooth, de la synthèse vocale : le tout mis au service des déficients visuels afin de leur permettre de se déplacer plus facilement en ville. Première fonction : « Un clic sur un bouton, et l’assistant vous dit où vous êtes », détaille Florian Esteves. L’objet permet aussi de prendre les transports en communs en informant en temps réel son utilisateur de l’arrivée et de la direction d’un bus, par exemple. « Nous avons aussi intégré un navigateur intelligent, qui donne des indications adaptées aux déficients visuels », précise Florian Esteves. Enfin à l’approche d’un passage piéton, l’assistant déclenche le fonctionnement des balises permettant de traverser en toute sécurité. « Aujourd’hui, le seul objet qui entre en concurrence avec notre système, c’est un smartphone », concède Florian Esteves. « Mais pour un déficient visuel, il n’est pas question de lâcher sa canne, et se déplacer avec les deux mains prises, ce n’est pas évident. »

Trouver le bon équilibre

La campagne de test qui s’ouvre va concerner une quinzaine d’utilisateurs et permettra de peaufiner l’ensemble des fonctions. Ensuite, il faudra passer à l’industrialisation : « Tout est sur les rails », indique Mathieu Chevalier. « Nous avons hâte que l’assistant soit sur le marché. » L’équipe d’Handisco est déjà sollicitée par de potentiels clients : « Sans produit disponible, c’est toujours compliqué de leur répondre… »
La France compte 1,2 million de déficients visuels en France, dont 300.000 utilisateurs de canne blanche : un produit qui n’a pas évolué depuis son invention en 1921. Le tarif de l’assistant intelligent d’Handisco n’est pas encore connu, mais ne devrait pas être prohibitif : « Les composants coûtent chers, il faut amortir les développements et tenir compte des ressources humaines », détaille Gustave Burguet, responsable de la stratégie commerciale et du marketing. « Nous devons trouver le bon équilibre sur un marché difficile », précise Mathieu Chevalier.