Lorraine : Fin de la grève à l'usine ArcelorMittal de Gandrange
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Lorraine : Fin de la grève à l'usine ArcelorMittal de Gandrange

En grève depuis vendredi 29 avril dernier, les salariés du laminoir ArcelorMittal de Gandrange ont repris le travail ce mercredi 4 mai. La production avait été totalement arrêtée suite « à l’éviction brutale d’un salarié pour une inaptitude dans son emploi. »

Un laminoir totalement à l'arrêt. C'était la situation de l'usine ArcelorMittal de Gandrange en Moselle depuis vendredi 29 avril 14h. « A l'appel de l'intersyndicale, CFDT CGT et CFE-CGC, nous avons lancé un mouvement de grève suite à l’éviction brutale d’un salarié pour une inaptitude dans son emploi », explique Pierre-Claude Sutter, délégué syndical CFE-CGC. « Nous demandions à la direction de réintégrer le salarié concerné, de rechercher pour lui une solution digne et de stopper une campagne de répression sans précédent sur le site. » Le mouvement a d'abord été suivi par 80 % des salariés (le laminoir de Gandrange possède un effectif de 285 personnes, dont 240 à la production), puis mardi 3 mai, par 50 %. « Mais il suffit de très peu de personnes pour stopper la production », poursuit Pierre-Claude Sutter.

3.000 tonnes d'acier non produites durant la grève

Le mouvement de grève a été levé ce mercredi 4 mai au matin, après une réunion entre salariés et syndicats. « Nous sommes tombés d'accord avec la direction, qui nous a apporté des garanties pour le salarié en invalidité, il va être reclassé dans un autre site du groupe dans la région. Le mouvement de grève concernait également deux autres salariés, qui avaient reçu des avertissements. Leur situation est également débloquée, ou en partie. » Ces cinq jours de grève sont lourds de conséquence pour le laminoir : « 3.000 tonnes d'acier n'ont pas été produites », confirme Pierre-Claude Sutter. L'usine de Gandrange a produit 300.000 tonnes en 2015, « nous avons l'objectif de produire 400.000 tonnes cette année. Nos carnets de commande sont plus que chargés, cette grève est assez mal tombée, nous aurions préféré éviter d'en arriver là, discuter avec la direction et trouver une solution sans alerter les médias, mais vendredi Jean-Marc Liégeois (le nouveau directeur du laminoir depuis juillet dernier) était déjà parti du site, sans vouloir entamer de discussions, il a ignoré nos revendications nous n'avions pas le choix. »

5 M€ investis sur le laminoir d'ici à 2018

Désormais s'ouvrent les négociations afin de trouver un nouveau cycle de travail. « Nous entamons les discussions ce lundi 9 mai. Avec la hausse de production significative que le site doit réaliser en 2016, la direction va être obligée de recruter, mais la politique d'ArcelorMittal est de calculer des ratios, le groupe compare les différentes usines. Une personne doit produire 1.200 tonnes par an, cela donne l'effectif nécessaire dans l'usine. Au sein de l'intersyndicale, nous souhaiterions que le laminoir de Gandrange recrute entre 50 et 60 salariés pour faire face à la demande et qu'il y ait ainsi des conditions de travail moins difficiles. » Cet été, ArcelorMittal a annoncé programmer 5M€ d'investissements sur le laminoir de Gandrange d'ici à 2018, somme qui vient s'ajouter aux 8,8 M€ déjà injectés sur le site pour le doter d'un nouveau four (1,5 M€) ainsi que d'une ligne de contrôle et de parachèvement de barres pour 7,2 M€. Le laminoir gandrangeois est spécialisé dans les aciers longs destinés au marché automobile de l'industrie off-shore et de la construction mécanique.

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