Loire Fonderie : Le maître Lécole
# Industrie # Investissement

Loire Fonderie : Le maître Lécole

Designer né et orfèvre de l'aluminium, le patron de Loire Fonderie (Feurs) signe désormais ses propres produits de petit mobilier haut de gamme. Une valeur ajoutée artistique, pour être moins dépendant du marché de la sous-traitance classique.

Fort de son expérience à la direction d'une fonderie du Chambon-Feugerolles, Martin Lécole a repris l'entreprise Loire Fonderie et ses trois salariés en 1999. Soutenu par l'ancien propriétaire qui est allé jusqu'à se porter caution auprès des banques, celui qui avait fait des études en la matière avant de se spécialiser dans l'informatique industrielle et la métallurgie a souhaité relever le défi.




Être moins tributaire du marché de la sous-traitance

Dès 2001, il explose le CA de Loire Fonderie et se voit obligé d'emménager dans de plus vastes locaux - toujours à Feurs - et, pour répondre aux commandes des plus grands groupes (Thalès, Giat, Zodiac, EADS, DCN...) fait monter le personnel à dix salariés. En fournissant des pièces industrielles très complexes pour tous les secteurs y compris le médical, Martin Lécole bâtit sa notoriété sur sa capacité à réaliser du hors-norme. Expert de la pièce fine de grande dimension, passionné depuis l'enfance par le croquis et le dessin, cet orfèvre de l'aluminium qui ne peut s'empêcher de crayonner en vous parlant, a surtout la faculté d'imaginer très vite la simulation en 3D de ses esquisses sur papier, prévisualisant les pièces avec des mécanismes qui n'ont pas besoin de repasser par de l'usinage. Amoureux des matériaux nobles que sont le bois, le verre et l'alu qu'il utilise bruts, polis, laqués ou peints, il décide en 2006 de créer ses propres produits afin d'être moins tributaire du marché de la sous-traitance. Apportant comme valeur ajoutée son regard artistique et son aptitude à en définir les possibilités techniques, il se lance alors sur le créneau du petit mobilier haut de gamme après une étude qui révèle que tout le monde travaille avec la même technologie sur le tube et la tôle. Lui sait que la fonderie permettrait d'obtenir des formes peu communes, voire extraordinaires, et désire créer des pièces uniques, toujours en petites séries.




La griffe " Martin Lécole "

Designer né, il veut alors offrir la possibilité de créer à la demande, des objets personnalisés et moulés à l'effigie de ses commanditaires potentiels. Dans sa stratégie, il opte pour une gamme de produits avec quelques références à ce jour, notamment des tabourets de bar et des tables basses. Des pièces numérotées et signées, entièrement dessinées et transformées à Feurs, sous l'oeil émerveillé de ses acheteurs qu'il invite à une «co-création» afin qu'ils s'approprient les réalisations. L'oeil pétillant du passionné qui s'éclate dans son métier scintille quand il explique ne pas faire ça par orgueil mais juste pour faire la nique à l'uniformisation et à la consommation de masse et surtout, pour tracer un avenir à ses salariés. Et à d'autres à venir, puisqu'il aimerait transmettre son savoir-faire en formant des jeunes et en offrant salaires et primes non négligeables. «En 20 ans, les fonderies françaises sont passées de 2500 à 500. Les survivants sont des PME très spécifiques qui offrent des produits très techniques. Le fait que l'ingénierie se délocalise pour concevoir des protos signe la condamnation de cette industrie», déplore-t-il. En devançant les attentes avec «de beaux produits made in France», Martin Lécole ne sait pas encore l'ampleur que va prendre son projet. Il envisage de créer une entité totalement dédiée en cas de succès, notamment auprès des chaînes hôtelières, des boîtes de nuit ou de tout particulier capable de s'offrir ces objets vendus entre 1.500 et 5.000€ pièce (sachant qu'un ensemble de 3 ou 4 pièces représente 8 semaines de travail). Il a investi 30.000€ pour lancer sa marque et un site Internet bien référencé sur Google. Sa présence au Off de la dernière Biennale du Design et quelques reportages TV devraient contribuer encore à faire connaître sa démarche volontariste, très inhabituelle dans le milieu de la fonderie.

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