L’imprimeur en ligne toulousain PrintOclock (90 salariés, 17 M€ de CA) investit 4,2 millions d’euros dans un projet immobilier qui va réunir son siège et son atelier de production dans un bâtiment de 7 000 m2 (contre 2 400 m2 aujourd’hui) situé dans la zone industrielle Gros Larrieu, où est actuellement implantée son imprimerie.
Il mobilise 3 millions d’euros pour l’acquisition du bâtiment et consacre 1,2 million d’euros à son aménagement. Et devrait prendre possession de ses nouveaux locaux en août 2025, à l’issue de la phase de travaux. Ce gain d’espace, propice à améliorer la qualité de vie au travail de ses collaborateurs, vise aussi à anticiper le franchissement du cap des 100 salariés d’ici trois ans. Par ailleurs, Printoclock va poursuivre ses investissements dans son outil de production en allouant d’ici 2026 un montant de 1 à 3 millions d’euros au renouvellement ou à l’extension de son parc de machines.
Une ManCo en création
L’entreprise arrive aujourd’hui à un tournant. “Comme tout entrepreneur, j’avais des idées pour développer l’entreprise : faire de la croissance externe, aller sur l’international, investir dans la tech. Mais nous étions jusqu’alors encore jeunes et pas suffisamment staffés pour franchir le cap. J’ai attendu d’avoir de la sécurité, avec un staff structurant sur lequel je peux m’appuyer”, explique Antoine Roux, le président de PrintOclock, qu’il a fondé en 2008.
Associé unique de PrintOclock, Antoine Roux est d’ailleurs en train de créer une ManCo (manager company, une société regroupant des managers de l’entreprise et qui est actionnaire aux côtés du fondateur). “Elle va pouvoir investir avec moi dans des projets, se réjouit-il. Nous avons maintenant le bon niveau de séniorité du management pour les déployer. Nous voulons devenir un groupe et cela passe d’abord par de l’espace pour la production, pour les équipes.”
Une nouvelle offre basée sur l’IA
Précurseur en France du Web to Print, PrintOclock est devenu leader indépendant de l’impression BtoB. L’entreprise développe une gamme de produits conçus pour répondre aux besoins des TPE-PME de nombreux secteurs (arts graphiques, culture, restauration, bien-être…) et revendique 240 000 commandes par an. En 2023, elle a aussi étendu son activité au marché de l’impression de livres en petites et moyennes séries.
Depuis le 1er septembre 2024, elle a renforcé son offre en proposant un nouvel outil en ligne, ReadyToPrint. Basé sur l’intelligence artificielle (IA) générative, et développé en interne par un ingénieur en machine learning spécialement recruté, il permet de corriger et de mettre aux normes techniques les fichiers d’impression des clients. “Grâce à elle, on passe d’un document digital à un document imprimé, résume Antoine Roux. Nous sommes les seuls à la proposer. Les imprimeurs en ligne n’ont pas encore bougé sur l’IA parce qu’il existe une rigidité technique qui n’est pas très en phase avec ce que fait l’IA nativement.”
Un premier déploiement en Espagne
Avec le lancement de cette nouvelle offre, PrintOclock table sur un accroissement d’activité d’environ 10 à 15 %. Mais ReadyToPrint ouvre aussi la porte à de nouveaux marchés à l’international. “Pénétrer un marché où des acteurs sont solidement installés c’est compliqué, explique le dirigeant. Notre stratégie, c’est d’y entrer par l’innovation.” Première étape : l’Espagne. Une équipe dédiée de 4 personnes a été recrutée en production et au service client. Elle opérera à Toulouse en lien avec un bureau implanté à Valence. La proximité géographique de la péninsule ibérique et le dynamisme du marché de l’impression en ligne, en progression de 15 % en 2023, ont été décisifs.
L’internationalisation de PrintOclock se poursuivra dans le courant des prochains mois, notamment en Belgique. Par ailleurs, l’outil ReadyToPrint sera également accessible dès cet automne en Allemagne, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni.
Une croissance externe en réflexion
L’entreprise toulousaine, qui vise 19 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2024, pourrait par ailleurs concrétiser sa première opération de croissance externe en 2025. Elle vise l’acquisition d’entreprises en France, qui évoluent notamment dans les domaines de l’étiquette et de l’offset.