Le spécialiste de l’impression en ligne Exaprint (400 salariés, CA 2024 : 80 M€) procède, depuis 2019, à la réinternalisation de sa production dans un nouveau site de 10 000 m2, à Mauguio (Hérault) près de Montpellier. L’opération, qui a mobilisé 30 millions d’euros en 6 ans, se traduit notamment par la hausse sensible du nombre de commandes traitées (entre 3 000 et 4 000 par jour actuellement). Dans le cadre de sa stratégie d’amélioration de la qualité de vie au travail, l’imprimeur vient d’intégrer un exosquelette dans sa chaîne logistique, afin de soulager le travail des salariés chargés des expéditions.
Un déploiement ciblé
Fabriqué par la deeptech allemande German Bionic, l’exosquelette permet de réduire les contraintes physiques lors du levage de charges lourdes, et donc le risque de troubles musculosquelettiques et d’accidents du travail, alors que les utilisateurs manipulent tous les jours des colis pesant de 0,5 à 18 kg. Le dispositif est dédié à l’opérateur chargé des expéditions, mais un système de vestes à tailles multiples permet à 3 collaborateurs de s’en servir sur d’autres postes liés à l’environnement de l’expédition. "Ce type d’exosquelette n’a pas vocation à être déployé dans toute l’usine, mais seulement dans les postes de production où existe un risque lié au port de charges lourdes ou à de mauvaises postures", résume Cédric d’Haussy, directeur exécutif délégué d’Exaprint.
Un dispositif connecté
Pendant près de 18 mois, Exaprint a travaillé avec divers fabricants, testant plusieurs types d’exosquelette. Elle a finalement jeté son dévolu sur celui de German Bionic, un modèle actif doté d’une motorisation, et non pas sur un exosquelette passif, qui en est dépourvu. "Ce dispositif est aussi un modèle connecté qui nous permet a posteriori de monitorer tous les mouvements effectués au cours d’une semaine ou d’un mois. Sur cette base, on peut alors déterminer s’il est bien utilisé ou bien comment améliorer la pratique", précise Cédric d’Haussy.
Des investissements récurrents
L’achat de cet appareil a été financé sur un budget annuel moyen de 300 000 euros qu’Exaprint consacre spécifiquement à la qualité de vie au travail. Plus globalement, l’imprimeur peut injecter jusqu’à 800 000 euros par an dans des investissements matériels visant à améliorer l’ergonomie de l’usine. "Notre volonté est de réduire les risques liés aux taches qui n’ont pas de valeur ajoutée, comme la manutention de colis, de pièces ou de matières premières", poursuit le dirigeant. Lequel cite par exemple les améliorations apportées sur les lignes de coupe, qui ont été largement automatisées afin de réduire la possibilité d’accidents du travail causés par le massicotage.
Cartographier les risques professionnels
Symbole de cette démarche constante en termes de qualité de vie au travail, Exaprint a également recruté une infirmière afin de l’intégrer à son équipe chargée de la HSE (Hygiène, Sécurité, Environnement), formée de 3 personnes. "À travers cette embauche, nous voulons affiner la cotation de nos postes de travail, principalement en production, avec une nouvelle grille évaluant les risques professionnels", annonce Stéphanie Galinat, DRH en charge de la RSE. Ce travail de cartographie de l’usine, entamé en début d’année, devrait aboutir d’ici la fin 2025.