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Ligne Roset ouvre une nouvelle école pour asseoir le succès de ses meubles Made in France à l’international
Ain # Fabrication de meubles # Implantation

Ligne Roset ouvre une nouvelle école pour asseoir le succès de ses meubles Made in France à l’international

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Fabricant et distributeur de mobilier haut de gamme aindinois, le groupe Roset vient de réhabiliter son usine historique, en friche depuis plusieurs années, avec un espace de musée, un show room et un centre de formation. Un investissement de 3 millions d’euros qui l’aidera à attirer et fidéliser de nouveaux talents, à faire connaître la marque et à soutenir son déploiement à l’international.

Olivier et Antoine Roset, co-dirigeants du fabricant de meubles haut de gamme éponyme et basé dans l'Ain, qui emploie 700 salariés (125 M€ de CA) — Photo : Mathieu Bonnevie

Au pied des collines du Bugey, entre le Rhône et les derniers chaînons du Jura, l’ancien site industriel du groupe Roset, propriétaire des marques Cinna et Ligne Roset (700 salariés, 125 M€ de CA) a repris vie. Après deux années de travaux, l’ETI familiale vient de terminer la réhabilitation de son usine historique, située aux Granges de Montagnieu et acquise en 1860 par Antoine Roset, l’arrière arrière-grand-père des deux dirigeants actuels, les cousins Olivier et Antoine Roset. Avec ses grandes poutres apparentes et ses sols d’époque en carrelage brut, cette ancienne friche emblématique du patrimoine industriel de la région a été entièrement rénovée par le groupe.

Coût global de la réhabilitation : 3,2 millions d’euros, dont 10 % financés par la Dreal et le département de l’Ain. Baptisé "Studio 1860", ce nouveau lieu de plus de 4500 m² regroupe désormais un showroom réservé aux clients professionnels du groupe, un magasin d’usine et un espace retraçant l’histoire de l’entreprise. L’ancienne friche servira aussi de centre de formation interne. Une réhabilitation pensée pour faire connaître le groupe en France et permettre d’attirer de nouveaux talents sur le principal site de production de l’entreprise, situé à Briord (Ain). Où se situe également le siège du groupe.

Former les jeunes générations

Ce site historique abritera donc une école de formation interne, dédiée à la transmission des savoir-faire en tapisserie et couture ainsi qu’un atelier où les personnels formés pourront appliquer leurs compétences. "Nous avions jusqu’à présent de nombreux îlots de formation au sein de nos usines que nous avons décidé de regrouper en un lieu dédié, dans une logique de compagnonnage. Nous envisageons de former une trentaine de personnes par an", explique Antoine Roset.

Objectif : remédier au manque de main-d’œuvre qualifiée, alors que le groupe rassemble une petite dizaine de métiers aux savoir-faire bien spécifiques, allant du tapissier à l’ébéniste, mais aussi à la découpe des mousses de canapés ou au laquage des meubles. "Nombre de nos salariés ont fait toute leur carrière à Briord et s’apprêtent à prendre leur retraite" (NDLR : commune voisine de Montagnieu où sont situées deux usines, en plus du siège)", explique encore Antoine Roset. La transmission aux jeunes générations est donc cruciale pour ce groupe d’ameublement haut de gamme où certaines étapes de fabrications sont encore assurées à la main.

L’ombre de Genève et Lyon

Ce centre de formation devrait par ailleurs faciliter le recrutement, au sein d’un département où il est difficile d’attirer les talents et les jeunes, qui partent plus souvent travailler dans les deux grandes métropoles environnantes de Lyon et Genève. "Notre entreprise est en recrutement permanent", poursuit le dirigeant. Sur les 700 salariés que compte le groupe, 500 sont affectés à la production.

Le show-room, qui servira à accueillir les prospects, les clients et les distributeurs, aura lui aussi une vocation de lieu de formation pour les responsables des 80 magasins Cinna du groupe, afin de les aider à aménager leur boutique et faciliter la vente : "nous avons présenté ce show room comme un magasin type" poursuit le dirigeant.

Made in France

Le savoir-faire des équipes de production est d’autant plus important que le groupe Roset défend depuis ses origines le "Made in France", qui représente 85 % de sa production, avec des mousses produites par le sous-traitant Carpenter dans l’Allier et des bois de chêne, hêtre, noyer et frêne, majoritairement issus des forêts de l’Hexagone. "Les canapés sont fabriqués sur le site de Briord, tandis que les meubles sont produits au sein de deux sites, non loin d’ici à Saint-Jean-le-Vieux et Saint Rambert en Bugey (Ain). Nous avons aussi deux ateliers de couture à Bourgoin-Jallieu et Saint-Georges-de-Reneins", explique Olivier Roset.

L’actionnariat est lui aussi 100 % français : la famille Roset détient toujours 92 % du groupe, après avoir ouvert son capital aux banques partenaires dans les années 1990, qui possèdent les 8 % restant.

Miser sur l’étranger pour poursuivre son expansion

Pour continuer de soutenir sa croissance -"linéaire depuis une quinzaine d’années"- selon Laurent Pointet, directeur commercial France de ligne Roset, le groupe entend poursuivre son développement à l’international. Puisque ce sont bien les ventes à l’étranger qui tirent l'activité de l’ETI, fruit d’une politique d’investissement à l’étranger de longue date.

85 %

"Nous avons ouvert notre première filiale en Allemagne en 1977, puis en Suisse, et en Grande-Bretagne, avant d’entrer sur le marché américain en 1983", retrace Antoine Roset.

Le groupe réalise désormais 85 % de son activité à l’export, contre 65 % environ avant le Covid, et continue de miser sur l’étranger pour se développer. "Nous avons ouvert l’an dernier un très beau show-room à Mumbai. L’Inde représente un énorme potentiel pour notre marque, avec une population jeune qui part étudier à l’étranger et revient ensuite dans le pays pour y travailler", explique son cousin. "Dans le haut de gamme il est essentiel de pousser les ventes à l’export", ajoute son cousin.

En revanche, Cinna, marque du groupe créée en 1975 afin de "conquérir le marché français de l’époque" et exclusivement commercialisée dans l’Hexagone représente de son côté 8 à 10 % de l’activité du groupe.

Développer l’e-commerce

Autre chantier en cours pour accélérer l’activité du groupe Roset : le développement de ses ventes en ligne, qui ne représentent à ce jour qu’un pourcent des ventes de l’ETI. "Nous venons de recruter une personne pour s’atteler au chantier web et nous développer sur l’e-commerce", explique Antoine Roset. À terme, le groupe espère atteindre 5 % de son chiffre d’affaires via la vente en ligne. Même si "la force de la marque demeure son réseau de distribution, et ses 700 lieux de vente à travers le monde", poursuit le dirigeant.

Passeport digital pour lutter contre la contrefaçon

Toujours sur le volet digital, l’éditeur, fabricant et distributeur a en revanche su se montrer innovant puisqu’il vient de mettre au point le premier certificat pour l’ameublement dans la blockchain. "Beaucoup de sites commercialisaient de faux produits Roset vintage. Cela nous a fait prendre conscience de l’importance de la traçabilité de nos meubles", explique Olivier Roset.

Grâce à un partenariat avec Trust-Place, spécialisé dans la traçabilité et la data post-achat, chaque canapé du modèle TOGO qui sortira de l’usine sera équipé d’un identifiant unique et d’un passeport digital sécurisé.

À terme, le groupe espère faire de ce passeport numérique un point d’entrée vers un nouveau modèle d’interaction avec ses clients. "En scannant ce QR code unique nos clients pourront accéder à toute une gamme de services après-vente et d’événements privés", termine le dirigeant.

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