L’Institut de formation régional des industries alimentaires (IFRIA Ouest), organisme basé à Quimper dédié à l’accompagnement RH des industriels, vient de dérouler son plan d’action pour la période 2027-2030. Son ambition se traduit derrière plusieurs grands axes : le développement de la formation continue ; l’accompagnement des entreprises dans l’anticipation des métiers de demain ; le renforcement de la transmission des savoir-faire ; le développement du tutorat et de la formation interne.
Apprentissage et formation continue
Depuis trois décennies, l’IFRIA Ouest accompagne les entreprises agroalimentaires dans leurs enjeux de recrutement jusqu’au développement des compétences. Historiquement reconnu pour son action en matière d’apprentissage (470 apprentis sont inscrits au sein de son CFA cette année), l’institut a progressivement élargi son action à la formation continue, à la transmission des savoir-faire et à l’accompagnement des parcours professionnels. Créé en 1996 par les branches professionnelles agroalimentaires, l’IFRIA Ouest a la particularité de partir des besoins réels des entreprises pour construire des réponses opérationnelles, adaptées aux réalités du terrain. Chaque année, l’institut de formation accompagne près de 800 entreprises et plus de 1 300 salariés dans le Grand Ouest (son champ d’action concerne aussi les Pays de la Loire, NDLR).
Un renouvellement des générations en cours
Son défi du moment ? Former les compétences de demain alors que le renouvellement des générations devient un enjeu criant : 30 % des collaborateurs dans les usines bretonnes ont plus de 50 ans et partiront en retraite ces prochaines années. "Les compétences sont devenues un enjeu stratégique pour la compétitivité des entreprises", avertit Charley Gaborit, président de l’IFRIA Ouest, par ailleurs DRH siège du groupe finistérien Bigard. "Former ne suffit plus. Il faut aussi intégrer les nouveaux collaborateurs, accompagner les tuteurs, sécuriser les parcours professionnels et organiser la transmission des savoir-faire", complète Claire Célérier, la directrice générale. Les deux dirigeants forment un nouveau binôme à la tête de l’organisme depuis quelques mois. Ils doivent agir avec en toile de fond un environnement économique dégradé dans la filière : baisse de la valeur ajoutée et érosion du taux de marge caractérisent les IAA bretonnes selon l’ABEA (Association bretonne des entreprises agroalimentaires), dans sa dernière note de tendance. L’adoption des nouvelles technologies dans les appareils industriels, comme l’IA, est évidemment un défi à relever pour les entreprises pour avoir les bonnes personnes à bord. "Les métiers de la maintenance, du traitement des données ou de la R & D, pour faire du prévisionnel, sont impactés", détaille Claire Célérier.
Des métiers en tension
La contribution de l’IFRIA Ouest se mesure directement dans les parcours professionnels et la performance des entreprises. La certification OTIA (Opérateur de Transformation en Industries Agroalimentaires), créée pour répondre aux besoins de recrutement de la filière, en est une illustration. Depuis 2016, plus de 5 000 personnes ont obtenu cette certification et plus de 80 % accèdent à un CDI à l’issue du parcours. Les métiers en tension actuellement sont ceux de conducteurs de ligne et techniciens de maintenance. Au global, quelque 1 500 emplois font défaut dans les entreprises bretonnes de la filière.