Libournais : L'est de la Gironde se fédère.. : dans le désordre

Libournais : L'est de la Gironde se fédère.. : dans le désordre

Avec l'agglomération du Libournais qui doit voir le jour fin décembre, Gilbert Mitterrand veut mettre en place du marketing territorial à destination des entreprises Les communautés de communes voisines s'organisent pour proposer un projet alternatif

À l'Est, du nouveau. Les entrepreneurs du Libournais auront bientôt des interlocuteurs aux compétences étendues pour piloter le développement économique de leur territoire. Le 31décembre, la communauté de communes (CDC) du Nord-Libournais -née il y a un an de la fusion des CDC de Libourne, Guîtres et Coutras- se transformera en communauté d'agglomération. Un statut qui permettra à cette future collectivité de profiter de dotations supplémentaires de l'Etat: 3M€ rien qu'au titre de la dotation générale de fonctionnement, auquel il faut ajouter un meilleur coefficient d'intégration fiscale. Des ressources qui serviront notamment au développement économique.




Une stratégie commune d'Izon jusqu'aux portes de Saint-Seurin

«Le développement économique est notre première compétence obligatoire, avec le transport, confirme Gilbert Mitterrand, président PS de la future agglomération. Avec la grande collectivité que nous mettrons en place, nous pourrons proposer une offre de marketing territorial. Nous définirons une stratégie opérationnelle pour un territoire qui ira d'Izon jusqu'à l'entrée de Saint-Seurin-sur-l'Isle». Une zone plus large, donc, que l'agglomération (voir carte). «Ne nions pas l'existant, déclare Gilbert Mitterrand. Le développement économique ne peut s'arrêter aux portes de l'agglomération. Il faut notamment prendre en compte la grande zone d'équilibre en projet depuis plusieurs années». Gilbert Mitterrand évoque en fait la ZAID (Zone départementale d'intérêt économique) portée depuis fin 2007 par la CCI et quatre CDC (Libournais, Guîtres, Sud-Libournais et Lussac). 300ha avaient été ciblés pour accueillir des entreprises et permettre la création de 1.000 emplois.




Rencontres avec les chefs d'entreprise début 2012

Pour Gilbert Mitterrand, le fait que la future agglomération n'englobe pas la totalité de la ZAID ne retardera pas le projet. «Nous dialoguons déjà avec Izon au sujet de la zone d'activités d'Anglumeau. Il est naturel que le portage opérationnel et juridique de l'ensemble de la zone d'équilibre se fasse au niveau de l'agglomération. Cela permettra d'établir une cohérence entre les différentes zones. La programmation et la commercialisation seront l'oeuvre d'un seul interlocuteur. Nous aurons à nous poser des questions comme: les entrepreneurs souhaitent-ils voir la création de zones dédiées? Faut-il envisager des mini-clusters?». Des rencontres seront organisées à partir de 2012 avec les chefs d'entreprise pour connaître leur opinion sur ces sujets. Pour les entreprises situées en dehors de l'agglomération, la carte administrative devrait également évoluer. Les élus des CDC de Saint-Emilion et du Lussacais ont entamé des discussions en vue d'un rapprochement. Pour Jean-Paul Garraud, député UMP de la circonscription, il faut créer une grande collectivité pour faire face à l'agglomération. «Les CDC de Saint-Emilion, Lussac et Castillon ont vocation à se fédérer. Il faut donner toute sa place à ce site classé au patrimoine mondial de l'Unesco, qui a une place à part dans l'arrondissement. Il faut le valoriser, et même y ajouter les communes d'Abzac et de Saint-Médard-de-Guizières. Cette grande CDC pourrait être au service de projets comme le golf, l'aérodrome, qui doit se développer, et la rivière, sous-exploitée. Surtout, elle profiterait du phare que constitue Saint-Emilion». Même si cette grande collectivité voit le jour, elle ne pourra pas prétendre au statut de communauté d'agglomération: elle pourra atteindre le cap des 50.000 habitants, mais ne dispose pas d'une ville centre de plus de 15.000 habitants.




Éviter un déséquilibre du territoire

Deux grandes collectivités pourraient donc cohabiter dans le Libournais. Pour Yves Ratel, président de la CCI «tout ce qui permet le rassemblement de structures disparates est bienvenu. La future communauté d'agglomération est une bonne chose, même s'il est regrettable qu'elle n'englobe pas plus de communes. Pour éviter tout déséquilibre, nous souhaitons que le reste du territoire se regroupe».