La pétition réclamant une meilleure desserte aérienne de la Côte d'Azur (www.cote-azur.cci.fr/desserte-aerienne) a recueilli en quatre jours plus de 1.300 signatures. Portée par les CCI niçoise et lyonnaise, elle plaide pour la fin d'une « réglementation archaïque limitant les droits intercontinentaux de trafic aérien » et pour le « développement de nouvelles liaisons directes vers l'Asie et les Pays du Golfe ». En clair, s'affranchir de la place parisienne pour laisser aux territoires la liberté de choisir leurs liaisons en fonction du marché. Déréguler pour développer. À l'origine de ce mouvement, le retrait en 2013 de la ligne Qatar Airways reliant Nice à Doha, après le refus de la direction générale de l'Aviation Civile d'augmenter ses droits de trafic. Une double peine incompréhensible pour les acteurs azuréens, qui voient là une manière de brider le développement d'un territoire enclavé, privé de ligne à grande vitesse et dont l'aéroport constitue la seule porte d'entrée sur le monde. « Les autorisations n'ont rien à voir avec le marché potentiel, mais tout avec les actions de lobbying », tempête le président de la CCI, Bernard Kleynhoff, mettant dans le même sac « la DGAC, Aéroports de Paris, Air France et l'extravagance française à nous imposer des lois qui nous font marcher sur la tête ». Il est vrai que le déséquilibre entre les aéroports de Paris, 90 millions de passagers par an, et ceux situés en Province, dont Nice, deuxième aéroport de France avec 11 millions de passagers, apparaît abyssale quand ailleurs en Europe la répartition est bien plus équitable. L'exception française fait une nouvelle fois des siennes.
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