Liaison gare/aéroport : Les scénarios à l'étude

Liaison gare/aéroport : Les scénarios à l'étude

Alain Juppé puis Michel Sainte-Marie ont récemment relancé le débat sur la nécessité d'une liaison gare/aéroport. La Cub étudie deux tracés, vers le tram à Mérignac, et vers le TER à Pessac. Reste à déterminer le mode de transport... et l'enveloppe budgétaire.

Le feuilleton de la future liaison express gare/aéroport a connu un coup de projecteur ces dernières semaines. Alain Juppé, vice-président de la Cub et maire de Bordeaux, et Michel Sainte-Marie, maire de Mérignac, y sont allés de leur déclaration publique détonante pour soutenir ce projet. Quitte à s'embarquer dans des hypothèses guère envisageables... Pour Alain Juppé, la plateforme aéroportuaire nécessite deux dessertes rapides. Il envisage donc un prolongement de la ligne A de tramway au-delà de l'arrêt 4 Chemins, ainsi qu'une ligne de bus à haut niveau de service (BHNS) qui relierait la gare de Pessac Alouette à l'aéroport. Michel Sainte-Marie, pour sa part, propose la création d'un téléphérique urbain entre l'arrêt 4 chemins et l'aéroport.




La Cub à la manoeuvre

La Cub, où siègent Alain Juppé et Michel Sainte-Marie, discute depuis des mois d'un projet de liaison gare/aéroport. Cette réflexion se tient dans le cadre du Schéma directeur opérationnel des déplacements métropolitains (SDODM), qui étudie la faisabilité de quatre corridors sur l'agglomération. « La restitution de la phase 2 du SDODM est inscrite au bureau de la Cub du 16 mai, annonce Gérard Chausset, vice-président de la Cub en charge des transports de demain. La phase 1 avait permis de garder deux ou trois hypothèses par corridor. Nous allons désormais garder un seul axe pour mener une étude socio-économique ».




Deux tracés à l'étude vers Mérignac et Pessac

En ce qui concerne la liaison gare/aéroport, deux tracés sont à l'étude, qui correspondent aux propositions d'Alain Juppé. Si l'option de raccordement au réseau de tramway, situé à 4km, paraît évidente, elle soulève tout de même quelques questions. Tout d'abord le choix du mode de transport. Alain Juppé préconise un tramway pour éviter une rupture de charge. Mais son coût paraît exorbitant au regard du trafic attendu. Un kilomètre de tramway coûte de 13 à 22M€, contre 2 à 10M€ pour un BHNS, et représente un coût d'exploitation deux fois supérieur. Et l'aéroport attire 4,5 millions de voyageurs par an, soit en moyenne 12.000 personnes par jour, alors qu'un tramway permet de transporter 4.000 à 6.000 personnes... par heure. Si le BHNS semble donc recommandé, reste encore un problème : le temps de trajet. Il faut actuellement 40 min pour relier en tram Mérignac 4 Chemin à la gare de Saint-Jean. Si on y ajoute le temps de trajet en bus, et la rupture de charge, il faudra compter une heure de trajet. Peut-on encore parler de liaison express ?




La gare de Pessac Alouette à 5 kilomètres

Seconde option : relier l'aéroport à la gare de Pessac Alouette, située à 5km. Un BHNS ou un bus empruntant la rocade pourraient voir le jour. Cette solution a le mérite de ne pas coûter trop chère. Et comme il faut 9 minutes pour relier en TER Pessac Alouette à la gare Saint-Jean, « le temps total de transport est estimé à 35 à 40 min, selon Gérard Chausset. À condition de mettre en place le cadencement entre la navette et le TER ». Mandaté par l'aéroport en 2010, le cabinet Efia avait soutenu cette option. La 3e et dernière phase du SDODM sera connue à l'automne. « Il restera à faire les choix politiques et financiers », déclare Gérard Chausset. Mais il y a peu de chances que la proposition d'Alain Juppé, trop coûteuse, et celle de Michel Sainte-Marie, qui arrive tard et soulève de nombreuses questions techniques, soient retenues.




Horizon 2017

La LGV (Ligne à grande vitesse) arrivera à Bordeaux en 2017. « Il paraît intéressant d'avoir un lien efficace entre le système ferroviaire local et national et l'aérien, qui sera de plus en plus spécialisé sur l'international », déclare Pascal Personne, directeur de l'aéroport. Un lien qui intéresse également Philippe Courtois, Dg de l'opération d'intérêt national Euratlantique. « Il faut mettre en place une alternative à la voiture. Le temps de trajet sera l'un des premiers critères à prendre en compte. Mais je laisse le soin aux élus d'arbitrer entre les différents modes de transport. »