Les innovations fondées sur l’utilisation de microalgues se multiplient et Blue2 en est un exemple. Lancée début 2025, implantée à Nantes, la jeune pousse capte le CO₂ des industriels pour le valoriser en l’utilisant pour la culture de microalgues hébergées dans des photobioréacteurs, des cuves au design qui semble inspiré de la conquête spatiale. Côté financement, 2026 sera décisive.
La start-up annonce une levée de fonds en deux temps, pour un total de 1,9 million d’euros. La première, dès le début de l’année, visera 350 000 à 400 000 euros auprès de business angels. La seconde, en fin d’année, cherchera 1,6 million d’euros principalement auprès de family offices. "La première étape doit valider notre prototype ; la seconde nous permettra de passer au produit final", détaille Arnaud Grisard, directeur général et cofondateur aux côtés d’Arianna Rizzo et de Romain Million.
Microalgues sélectionnées par les industriels
Comment ça marche ? Les microalgues sont sélectionnées selon les besoins de l’industriel. Les cuves, intégrées dans un conteneur, sont installées sur site pour capter le CO₂ à la source. Ce gaz est donc alors transformé en molécules biosourcées via la production de ces algues, réutilisables selon les usages ciblés. "On cherche un moyen d’établir la chimie de demain", s’enthousiasme Arnaud Grisard. Le système est largement automatisé, sans recourir à l’intelligence artificielle, afin d’en simplifier l’usage et d’éviter la mobilisation de personnel spécialement qualifié.
Cosmétique, pharmaceutique et chimie
Blue2 développe actuellement des souches et procédés destinés aux secteurs de la cosmétique, du pharmaceutique et de la chimie. La start-up affirme que ces organismes sont aussi mobilisables dans d’autres secteurs, comme l’agriculture ou la nutrition, animale comme humaine.
Alors que Blue2 finalise son prototype, un premier recrutement interviendra dès la fin 2025. L’objectif est d’atteindre une quinzaine de collaborateurs en 2028, notamment en recherche et développement, pour enrichir le portefeuille de souches de microalgues et continuer d’optimiser le procédé. Le chiffre d’affaires suivrait la même trajectoire, pour atteindre environ 1 million d’euros à partir de 2027-2028, avant une montée en puissance.
Au lancement, Blue2 se concentrera en priorité sur le marché français, sans exclure une ouverture internationale. "À moyen terme, vers 2029-2030, nous pourrions nous étendre en Europe, notamment via nos clients français disposant de sites dans d’autres pays", explique Arnaud Grisard.