«Tout le monde est d'accord sur le point d'arrivée mais pas sur la manière d'y parvenir!» Voilà résumé en quelques mots par le président de la CCI duHavre Vianney de Chalus l'état d'esprit qui règne dans la région lorsque l'on évoque la réforme des chambres de commerce. Réforme structurelle avec en toile de fond des fusions de chambres diversement appréciées.
Cohérence économique?
Du côté havrais, l'idée d'une chambre de l'estuaire ouverte à la fois sur la Basse-Normandie et sur la zone de l'actuelle CCI de Bolbec-Fécamp a fait son chemin. Vianney de Chalus juge ces rapprochements «souhaitables» rappelant la cohérence économique qui lie les deux rives de la Seine ainsi que «l'enthousiasme» de la CCI honfleuraise à l'idée d'un rapprochement avec ses deux homologues de Seine-Maritime. «C'est le sens de l'Histoire». Un argument que son homologue de Fécamp-Bolbec, Bertrand Duboys-Fresney, aura peut-être un peu de mal à entendre, lui qui sort à peine d'un processus de fusion engagé au tout début de 2008. «Cela nous a demandé cinq ans de travail pour fabriquer cette nouvelle CCI de Fécamp-Bolbec. Nous avons donc anticipé la réforme. Nous sommes les seuls à avoir fait cet effort en Seine-Maritime, mis à part LeTréport». Bertrand Duboys-Fresney revendique un territoire de 150.000 habitants, 3.400 entreprises et 45.000 salariés: «Ce n'est pas neutre. Notre territoire génère suffisamment d'économie pour justifier la présence d'une CCI». Même s'il reconnaît volontiers travailler en bonne intelligence avec ses voisins à travers par exemple CCI & Caux, l'organisme de formation commun entre LeHavre et Fécamp: «On peut aller plus loin, mais les forces doivent être équilibrées sur le terrain pour que notre territoire puisse continuer à être influent».
Quelle taxe professionnelle?
Mais pour Bertrand Duboys Fresney, le vrai problème de ces futurs rapprochements concerne la taxe professionnelle: «Nous avons sur notre territoire une TATP de 0,49 alors qu'auHavre elle se monte à 1,40 et à Honfleur à 1,60. C'est un vrai problème! Une fois dans la logique de régionalisation, y aura-t-il alors inflation des tarifs pour nos entreprises? Et en compensation de cette hausse, y aura-t-il des services en plus? Je suis persuadé que non, même si des lissages sont réalisés. Une fusion entraînerait une taxe aux alentours de 1,10! Comment faire comprendre cette augmentation à nos entreprises?» Pour Bertrand Duboys-Fresney, si une réforme est envisageable, il faut d'abord en clarifier les enjeux. Et selon lui, des économies peuvent être réalisées ailleurs: «Combien y a-t-il d'aéroports en Seine-Maritime?! C'est par là qu'il faut commencer à faire des économies!»
Alors que Vianney de Chalus se sent prêt à franchir l'estuaire, Bertrand Duboys-Fresney réclame du temps pour digérer la fusion récente entre Bolbec et Fécamp.