Bpifrance Le Lab, le centre de recherche de la banque publique d’investissement, a interrogé 40 000 entreprises – TPE et PME – entre le 5 mai et le 18 juin 2026 pour connaître leur situation économique actuelle et leur sentiment sur son évolution. Résultat : morne plaine. 79 % d’entre elles se disent affectées par le conflit au Moyen-Orient principalement en raison de la hausse des prix du pétrole.
Difficultés d’approvisionnement
Un impact énergétique qui concerne au premier chef le secteur des transports et en cascade ceux de la construction, de l’industrie, du tourisme. Industrie et BTP étant par ailleurs confrontés à la hausse des prix des intrants non énergétiques. D’ailleurs, globalement 60 % des TPE-PME se disent confrontées à des difficultés d’approvisionnement qui affectent pour 35 % d’entre elles significativement leur activité, même si l’on reste encore en deçà des niveaux atteints lors de la crise énergétique du printemps 2022.
Activité au ralenti
Conséquences : l’activité tourne au ralenti avec des carnets de commandes peu remplis et un faible espoir de voir la tendance s’inverser d’ici à la fin de l’année. Les intentions d’embauches en pâtissent. Petite lueur d’espoir, les dirigeants d’entreprises des secteurs de l’industrie et des transports se montrent un peu plus optimistes que l’an passé à la même période avec un regain d’activité constaté sur les six premiers mois de l’année (+ 14 points pour l’industrie, + 9 points pour les transports) et sur un an (respectivement + 5 et + 6 points) avec des carnets de commandes qui se sont regarnis. Statu quo en revanche dans le commerce et la construction où l’indicateur d’activité est quasi stable sur un an, à un niveau assez dégradé, quand la conjoncture se dégrade en revanche dans les services et le tourisme.
Trésorerie en berne
Cette sinistrose impacte logiquement la trésorerie des entreprises qui continue de se dégrader (31 % des sondés jugent désormais leur trésorerie difficile) à un niveau qui reste cependant supérieur à ce qu’il était en 2013, quand bien même 16 % des dirigeants déclarent rencontrer des difficultés pour financer leur exploitation courante (+ 2 points en 6 mois).
Marges réduites
La rentabilité des TPE-PME sort affectée de ce premier semestre plus que morose, la majorité des entreprises ne répercutant que peu ou pas la hausse des coûts sur leurs clients (seuls 17 % d’entre elles la répercutent totalement sur leurs prix de vente) avec à la clef une diminution des marges. Mais aussi un recul des investissements pénalisés tout à la fois par la faiblesse de la demande (pour 63 % des TPE-PME), le coût du crédit (45 %) avec des taux d’intérêt repartis à la hausse et la baisse de la rentabilité.
Moral des dirigeants en berne
Logiquement, le moral des dirigeants de TPE-PME sort plombé de cette conjoncture funeste, les entreprises n’anticipant aucune amélioration en 2027 bien au contraire, avec des perspectives qui se dégradent dans presque tous les secteurs d’activité. En tête, le tourisme, les transports et les services. La dynamique d’embauche en paye le prix avec un indicateur prévisionnel d’emploi qui recule (il perd 5 points sur un an et s’approche des points bas observés en 2009 et 2013), l’industrie étant le seul secteur à tirer son épingle du jeu avec des perspectives d’embauches certes en recul mais à un niveau encore élevé.
D’un point de vue territorial, le ralentissement de l’activité économique touche toutes les régions mais avec toutefois une légère amélioration enregistrée en Région Sud et, au contraire, une dégradation plus marquée en Normandie, en Île-de-France et en Nouvelle-Aquitaine.