Le réseau a rendu public le 25 septembre son baromètre européen des objectifs de développement durable (ODD) 2026. Ses données émanent de 5 793 entreprises adhérentes au Pacte mondial, situées dans 21 pays européens. Parmi elles, 1 370 sont françaises. Cette publication précède la COP17 sur la biodiversité, que la ville arménienne d’Erevan accueillera du 19 au 30 octobre. Les Parties à la Convention sur la diversité biologique y feront, pour la première fois, le point sur les avancées obtenues depuis l’adoption, en 2022, du cadre de Kunming-Montréal.
Un score en dessous de la moyenne européenne
Le baromètre situe les entreprises françaises sous la moyenne européenne pour la biodiversité, tant terrestre qu’aquatique, avec un score légèrement inférieur à 50/100. Les chiffres relayés par l’AFP situent le score à 49,3 pour l’eau, 49,0 pour les océans et 49,5 pour la vie terrestre. L’écart avec la moyenne européenne varie de 4,6 à 6 points. Sur l’ensemble des ODD, la France totalise 57,5/100, contre 58,2 pour l’Europe.
Le réseau relève un point positif. Sur la pollution plastique, qu’elle touche les milieux terrestres, aquatiques ou marins, les adhérents français et européens agissent favorablement, grâce à leurs pratiques de circularité et à la gestion de leurs déchets. Pour le réseau, les scores moins élevés sur les écosystèmes terrestres, les écosystèmes marins et l’eau indiquent que la plupart des entreprises n’ont pas encore intégré ces sujets. Selon les données du baromètre, leur prise en compte est nettement plus répandue chez les grandes entreprises industrielles, car ces enjeux y pèsent davantage.
D’après l’AFP, le baromètre invoque la répartition sectorielle des répondants pour expliquer ces écarts : en France, 60 % relèvent des services, alors que les industriels sont proportionnellement plus nombreux en Turquie, en Italie et en Allemagne. Il s’agit désormais, selon le réseau, d’épauler les entreprises de moindre taille et de mieux sensibiliser le tertiaire, où certains acteurs se jugent moins concernés.
Aires protégées : un tiers des répondants concernés en mesure la proximité
Pour l’objectif consacré à la vie terrestre, un indicateur porte sur la proximité des sites avec des aires protégées pour la biodiversité. Parmi les répondants français et européens concernés, un sur trois seulement a chiffré la superficie de ses sites voisins de ces zones. Le réseau tient cette mesure pour un préalable à la construction de plans d’action précis.
Nils Pedersen, délégué général du Pacte mondial de l’ONU - Réseau France, commente ces résultats : « La biodiversité conditionne la résilience des entreprises, de leurs chaînes d’approvisionnement et des territoires où elles opèrent. Ces résultats invitent à en faire une priorité stratégique et à traduire les engagements en actions mesurables ».
Des données déclarées par les adhérents
Cette deuxième édition succède à celle de 2024, menée dans dix pays avec PwC France et Maghreb. Elle s’appuie sur 136 points de données tirés de la Communication sur le Progrès 2025 des entreprises adhérentes. Le score final, compris entre 0 et 100, résulte de la pondération et de l’agrégation d’indicateurs préalablement reliés aux cibles des ODD.
Les scores reposent sur la contribution que les entreprises déclarent apporter aux cibles des ODD. Ils ne fournissent pas de mesure directe de la situation de la biodiversité, ni du degré auquel les objectifs internationaux sont atteints. Trois ODD (villes durables, faim et pauvreté) ont été exclus, faute d’indicateurs adaptés, ce qui laisse 14 objectifs analysés. L’échantillon ne couvre que des entreprises adhérentes. Côté méthodologie, le réseau a travaillé avec deux chercheurs rattachés à l’Université de Newcastle (Royaume-Uni).
Le réseau compte plus de 2 200 entreprises adhérentes. Il est présidé par Guillaume Texier, directeur général de Rexel.