Unitec, association dont le siège social se trouve à Pessac, a diffusé un rapport qui porte sur les jeunes entreprises de santé qu’elle a accompagnées dans la région bordelaise. Le document a été rédigé par Clémence Roy, start-up manager responsable de la filière santé, et par Laurent-Pierre Gilliard, directeur général par intérim et directeur prospective et communication. L’étude englobe, à la date du 31 décembre 2025, les sociétés encore actives comme celles sorties du dispositif. Elle isole un cœur HealthTech de 121 sociétés, réparties entre e-santé, medtech et biotech-pharma. S’y ajoute un périmètre santé élargi, analysé séparément, qui regroupe des activités de prestations, de conseil, de nutraceutique et de cosmétique.
238 M€ levés, dont 71 M€ pour TreeFrog
Depuis 1989, 98 opérations ont permis aux start-up santé accompagnées de lever 238 M€ en equity, selon le décompte d’Unitec. Un seul acteur en concentre près de 30 % : TreeFrog Therapeutics, biotech installée à Pessac et spécialisée en thérapie cellulaire, qui a levé 71 M€. L’association écarte d’ailleurs TreeFrog de ses analyses de financement détaillées lorsque c’est pertinent, afin que les tendances collectives restent lisibles.
Au moins une levée en equity a été réalisée par 39 % des start-up du cœur HealthTech. À la médiane, la première levée porte sur 300 k€ et survient au bout de 20 mois d’existence. Parmi les sociétés ayant levé des fonds, 40 % ont réalisé plusieurs tours au cours d’exercices distincts.
Le financement non dilutif complète ce dispositif. Près de deux start-up sur trois du cœur HealthTech (65 %) ont déjà eu recours à une aide publique au moins, selon le rapport. Sur 2015-2025, 81 % des montants non dilutifs proviennent de deux financeurs : Bpifrance, avec 27,2 M€, et la Région Nouvelle-Aquitaine, avec 10,6 M€.
Emploi et survie : les chiffres d’Unitec
À fin 2025, les start-up santé actives comptaient 1 623 emplois directs, soit 4 % de plus qu’un an plus tôt, d’après Unitec. Environ trois d’entre elles sur quatre emploient 15 salariés au plus. Parmi les plus gros employeurs figurent TreeFrog Therapeutics, avec 125 emplois, Fineheart, avec 81, et Activ’Inside, avec 79. Les emplois se situent à 89 % en Gironde.
Côté pérennité, l’association annonce une survie de 87 % à cinq ans et de 99 % à deux ans. En regard, le rapport cite 69 % et 81 % pour les PME, selon un benchmark Insee de 2024. Unitec relie cet écart à l’accompagnement proposé et à la sélection opérée à l’entrée, davantage qu’à la seule situation du marché.
MedTech et IA : des données à nuancer
Sur 2020-2025, la medtech pèse 36 % des projets accompagnés, contre 32 % pour l’e-santé, qui atteignait 51 % sur 2015-2019. La medtech a par ailleurs levé 69,2 M€ depuis 1989, ce qui représente la moitié des montants levés en equity par le cœur HealthTech, TreeFrog exclu. En 2025, elle a mobilisé 9,4 M€, dont 5,5 M€ pour Deski, spécialisée dans l’analyse d’images médicales par intelligence artificielle.
Autre enseignement du rapport : 13 % des start-up font de l’intelligence artificielle un usage central dans leur projet. Sur la survie, le rapport relève qu’à cohorte comparable, la proportion de sociétés liquidées est deux à trois fois moindre chez celles qui déclarent faire de l’intelligence artificielle un élément central de leur stratégie. Unitec invite toutefois à la prudence : l’échantillon est réduit, avec 21 sociétés dont 7 créées avant 2020, et les cohortes récentes ont eu moins de temps pour échouer, ce qui explique en partie la faiblesse de leur taux de liquidation.
Hormis le benchmark de l’Insee, les chiffres du rapport proviennent du suivi interne des start-up accompagnées. Les données sur les fondateurs, notamment la part des projets portés par des femmes (56 %), ou sur les liens avec la recherche, ne reposent que sur un échantillon de moins de quarante sociétés créées depuis 2019.