Les travaux publics morbihannais anticipent une baisse d’activité et entendent alerter les pouvoirs publics. Secteur clé de l’économie morbihannaise, ils concentrent 268 entreprises qui emploient plus de 3 250 salariés. "80 % d’entre elles ont moins de 10 salariés", précise François Coville, président de la fédération départementale des travaux publics. Or, les travaux publics s’inquiètent d’une prochaine baisse d’activité à l’horizon 2026.
"Nous dépendons à 60-70 % de la commande publique, passée par les collectivités territoriales. 2026 est une année électorale donc traditionnellement calme en matière de commandes publiques comme celle qui suit. En revanche, en règle générale, la dernière année de mandat municipal voit un pic d’activités. Et là, ce n’est pas le cas", observe François Coville.
Manque de dynamisme de la commande publique et privée
Une situation qui alarme les entreprises du secteur à l’horizon 2026 : elles anticipent une réelle baisse d’activités. "Là, nous avons globalement des chantiers mais nous voyons que le volume, des appels d’offres de marchés publics en travaux, diminue depuis plusieurs trimestres", ajoute l’élu.
Dans le même temps, la commande privée, qui pèse de façon moindre dans le chiffre d’affaires des entreprises des TP, est aussi impactée par la chute de l’activité du bâtiment en 2024. "C’est notamment sur les logements neufs où nos entreprises réalisent les terrassements, voiries et autres que cela se ressent", ajoute François Coville.
"Des besoins colossaux" du côté des infrastructures
La conjoncture actuelle se traduit sur les carnets de commandes. S’établissant en moyenne à quatre mois, ils ne se renouvellent aujourd’hui que très peu. "Nous avons besoin que les collectivités locales continuent à investir. Il faut mettre les moyens financiers pour maintenir nos métiers mais surtout parce qu’il y a des besoins colossaux d’investir dans les infrastructures." Par besoins colossaux, François Coville entend la nécessité de renouveler les réseaux d’eaux et d’assainissements ; un sujet qu’il a défendu depuis de nombreuses, notamment lors de sa présidence durant neuf ans de la fédération régionale des travaux publics.
Le président met en avant la nécessité d’investir dans l’existant : ponts, routes, … Mais aussi la nécessité de préparer les transitions énergétiques et écologiques comme avec les ouvrages liés aux mobilités douces, la lutte contre les îlots de chaleur, la renaturation des cours d’eau. "Nous avons besoin d’une variété de chantiers pour donner du travail à toutes nos typologies d’entreprises", ajoute-t-il.
Des chantiers d’envergure attendus
Les entreprises du secteur vont être attentives aux prochains chantiers ou poursuite de chantiers qui auront lieu sur le territoire. Parmi ceux-ci figure l’aménagement de l’échangeur du Liziec à Vannes dont l’enveloppe pourrait atteindre 80 millions d’euros et qui devrait prendre forme entre 2027 et 2028. La profession regarde de près la rénovation de la ligne du Tire Bouchon, le train saisonnier qui relie Auray à Quiberon qui devrait mobiliser 55 millions d’euros d’investissements dès 2026. "Il y a aussi l’axe Triskell, entre le Nord et le Sud de la Bretagne, avec des tronçons, encore à réaliser dans le Morbihan, …", ajoute encore le président de la fédération départementale des travaux publics.
S’ils ont des perspectives et entendent répondre aux besoins, les TP morbihannais attendent donc désormais que les collectivités maintiennent leur niveau d’investissement sur le territoire.