«J'ai gagné mon temps en tant que chef d'entreprise», lâche le patron du laboratoire SGS Multilab de Saint-Étienne du Rouvray. Illustration à l'appui, en temps réel: «Une norme sort sur les teintures dans les textiles... Je l'envoie à mes collaborateurs par mail». Initié à Twitter voilà à peine plus d'un an, le scientifique a immédiatement mordu à l'hameçon au point de revendiquer aujourd'hui près de 1.600 abonnements à différents comptes! Et lorsqu'on lui demande si tout cela n'est pas un peu chronophage, Yvon Gervaise tranche: «Quand je fais une requête sur internet, je vais chercher l'information. Là, elle vient vers moi». Imparable.
Voir et être vu
Pour le chef d'entreprise qu'il est, l'intérêt est donc double: voir et être vu. «Je peux voir ce qui se passe chez mes clients», explique Yvon Gervaise qui veut croire «que toute la conduite de prospection de l'entreprise peut se jouer là». Un véritable enjeu de compétitivité, insiste-t-il: «C'est une question de stratégie pour l'entreprise. Il faut savoir saisir les opportunités que créent ces interactions». Utilisateur régulier mais «pas addict», il s'est fixé dès le départ une ligne de conduite: «pour éviter le gazouillis inutile il faut un profil éditorial», conseille Yvon Gervaise. «Avant, j'étais sans arrêt sur internet. Avec Twitter, j'ai fait un effort pour agréger ce qui m'intéresse et j'économise mon temps». En s'abonnant principalement à des comptes officiels. Pratique indispensable, selon lui, pour séparer le bon grain de l'ivraie
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«Une véritable bibliothèque»
Au final, l'utilisation de Twitter lui donne de la «sérénité», assure-t-il. Et la liste des avantages ne s'arrête pas là: outil de veille technologique et normative, le réseau social est aussi un atout en termes de management. «C'est de l'autoformation pour le chef d'entreprise, on est en plein dans le e-learning, et le prof, c'est moi! On n'a pas le temps de tout mémoriser, alors mon compte joue le rôle d'une véritable bibliothèque» qui s'enrichit en temps réel des contributions des autres. Difficile, donc, aujourd'hui pour Yvon Gervaise d'imaginer la vie sans Twitter. «Professionnellement, j'ai les mains dans le cambouis mais la tête dans les nuages grâce à ça». Son seul regret? Que ses étudiants de 5e année de l'Insa n'aient pas tous adopté ce mode de fonctionnement. Lui qui dit craindre la fracture numérique: «Il y a ceux qui utilisent les réseaux sociaux et les autres...»
Guillaume Ducable
Yvon Gervaise sur Twitter:@expertscience
«Il y a ceux qui utilisent les réseaux sociaux et il y a les autres!» Le patron du laboratoire SGS Multilab a choisi. Pour lui, ce sera Twitter.