Alain Rousset n'en démord pas : le projet de ligne à grande vitesse au-delà de Bordeaux, vers Toulouse et l'Espagne, doit voir le jour. Et la parole ne doit pas être donnée qu'aux opposants. « Je donne rendez-vous à tous les partisans de la ligne à grande vitesse le 7 mai à 10h au conseil régional », a-t-il déclaré le 10 avril lors de la soirée de lancement du Club TGV Bordeaux-Gironde. Une soirée durant laquelle il a interpellé Barbara Dalibard, Dg de SNCF Voyageurs : « Nous n'avons pas d'éléments précis venant de Lyon, Strasbourg ou Marseille. Quelles ont été les retombées économiques ? Nous avons besoin de savoir cela ». Alain Rousset semble particulièrement préoccupé d'un abandon du tracé vers l'Espagne. « La liaison vers l'Espagne est aussi importante que la liaison vers Paris. Faut-il pour cela relancer un grand emprunt ? Pourquoi pas avec un accompagnement du plan Juncker ? Je vais le demander au président de la République ».
Entretien avec Alain Vidalies
Un peu plus tôt dans la journée, lors d'un discours sur le futur campus de Thales, Alain Rousset avait également déclaré : « Je voulais vous rassurer, la LGV continuera vers l'Espagne ». Il refuse donc de se laisser abattre par le rapport rendu le 30 mars par la commission d'enquête. Celle-ci a donné un avis défavorable sur le projet de déclaration d'utilité publique des travaux de lignes à grande vitesse au-delà de Bordeaux. Dans son rapport, la commission d'enquête pointe « une infrastructure lourde et coûteuse », avec un coût estimé à 8,3 milliards d'euros. Alain Rousset, Alain Juppé, Martin Malvy, président de Midi-Pyrénées, et Jean-Michel Lattes, premier adjoint au maire de Toulouse, se sont rendus le 14 avril chez Alain Vidalies, secrétaire d'État chargé des Transports, afin de rappeler que l'abandon du projet « serait un scénario de l'inacceptable et du déclin ».