«Les PME n'arrivent pas à se faire entendre»
# Conjoncture

«Les PME n'arrivent pas à se faire entendre»

Stéphane Marion
, maîtrede conférence de sciencesde gestion à l'IAE de Lyon


Quelle est la place de l'économie dans la campagne présidentielle?

L'économie est au centre de la campagne au travers de la dette. On assiste à un grand débat sur la financiarisation de l'économie. La recherche de solutions de sortie de crise focalise l'attention. Avec deux questions clés: les équilibres budgétaires et donc le financement, et en corollaire l'emploi. Le débat porte sur l'économie traditionnelle alors que l'économie nouvelle, avec notamment toutes les sources de développement que pourraient générer les énergies renouvelables, est occultée.


Les grands groupes focalisent toujours plus l'attention que les PME...


Les

PME expriment une réelle déception sur ces dernières années car elle
s se sentent laissées pour compte alors qu'elles ont fait partie des discours. Elles attendaient des mesures sur l'emploi et les 35heures, un accès plus facile au financement,etc. La baisse du coût du travail n'est pas le seul levier de compétitivité. L'innovation est aussi un moyen de l'améliorer, or le grand emprunt a plutôt servi les grandes entreprises. Les candidats n'ont à nouveau pas de plan PME. Le discours émanant des grands groupes est plus relayé que celui des PME, qui n'arrivent pas à se faire entendre.





Le made in France mobilise les candidats. À juste titre?



C'est un phénomène de balancier: il y a eu un grand mouvement vers la mondialisation, maintenant c'est l'inverse. Tous les pays s'interrogent sur la relocalisation, les tendances protectionnistes réapparaissent, tant à droite qu'à gauche. Toutefois, un grand débat n'arrive pas à émerger au niveau européen: il s'agit de la coordination des politiques sociales, qui pourrait juguler ces problèmes. Il faut souligner aussi que l'interventionnisme d'État est amplifié avec la campagne présidentielle. Mais peu d'actions menées auprès d'entreprises en difficulté aboutissent, ce qui pose la question du poids de l'État face à la financiarisation.

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