«Les investisseurs sont sensibles à l'innovation technologique»
# Conjoncture

«Les investisseurs sont sensibles à l'innovation technologique»

Plus facile de trouver de l'argent quand on est une jeune pousse des TIC? C'est ce qu'affirme Sylvie Cieply, enseignant-chercheur à l'IUP de Caen.

La recherche de financement pour une création d'entreprise est toujours un parcours du combattant. Néanmoins, les jeunes pousses centrées sur l'innovation technologique ont généralement plus de facilités pour persuader les investisseurs que des sociétés spécialisées dans des secteurs plus traditionnelles.




Étude de marché et fonds propres

«Les investisseurs en capital ont un biais favorable pour l'innovation technologique et, si le projet est réellement innovant, il ne faut pas hésiter à demander des financements conséquents de manière à assurer à l'investisseur une pénétration rapide du marché. Les coûts d'analyse des dossiers sont extrêmement lourds pour les investisseurs en capital qui vont avoir tendance en conséquence à privilégier les gros dossiers», affirme Sylvie Cieply, enseignant-chercheur, responsable de la filière Chargé d'Affaires Entreprises et Institutions du Master Banque-Finance-Assurance de l'IUP de Caen. Dans tous les cas, l'universitaire insiste sur les deux points essentiels de toute démarche de recherche de financement: l'étude de marché et les fonds propres. Sur le premier point, note-t-elle, «la nature même d'un dirigeant est de surestimer son projet... sinon, il serait banquier. Celui-ci va demander des évaluations réalistes. Le porteur de projet doit donc être crédible. Pour autant, il ne doit pas se laisser déposséder de son business plan. Dans la négociation, la maîtrise des éléments financiers est essentielle.» En amont, le créateur doit pouvoir disposer de fonds propres ou de quasi-fonds propres suffisants. «En général, c'est 50/50. Un banquier n'a pas vocation à porter seul le risque.»




«Créer là où les conditions sont les plus intéressantes»

Love money, prêts d'honneur accordés à titre personnel, avances remboursables, plateformes d'initiative locales: toutes les pistes doivent être exploitées pour jouer de l'effet de levier. «Tous les territoires n'offrent pas les mêmes opportunités. Il peut être intéressant de créer son entreprise là où les conditions offertes sont les plus intéressantes.» Les business angels concourent également à la constitution de fonds propres ou quasi fonds propres, de même que les fonds d'investissements, mai ces derniers n'interviennent généralement que pour des montants supérieurs à 1M€. L'apport peut se faire en contrepartie d'actions mais aussi d'obligations convertibles en actions ce qui apporte un peu de souplesse au plan de financement. Sylvie Cieply poursuit en soulignant le "rôle clef" d'Oséo qui est incontournable non seulement parce que cette institution octroie le fameux prêt à la création d'entreprise (PCE) en partenariat avec les banques mais aussi parce qu'elle accorde des contrats d'amorçage et des contrats de développement ainsi qu'un soutien financier significatif à l'innovation.

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