La dynamique du made in France s’enraye. Il y aura plus de fermetures d’usines en France en 2024 que d’ouvertures. C’est l’un des enseignements de la neuvième édition du Baromètre mondial des investissements industriels, réalisé par Trendeo, McKinsey et l’Institut de la réindustrialisation. En 2024, le solde entre les ouvertures et les fermetures d’usines est négatif (-5), ce qui constitue une première depuis la création du baromètre en 2016. Si l’étude ne prend pas en compte toute l’année (les chiffres s’arrêtent au 19 novembre), il est clair que la dynamique du made in France enclenchée après la pandémie s’essouffle. La France a créé 129 usines en 2021, 94 en 2024, 36 en 2023. Elle devrait donc en fermer 5 en 2024.
Investissement en baisse en France mais supérieur à l’avant-Covid
En volume, les investissements industriels reculent de 10 % en 2024. Ils resteront toutefois deux à trois fois supérieurs à leur niveau d’avant Covid.
Les secteurs les plus porteurs sont l’énergie et la chimie, à l’instar des projets d’investissements portés par la start-up industrielle parisienne Verso Energy qui projette de produire du kérosène de synthèse dans les Landes, le Limousin ou encore dans les Vosges. Parmi les projets d’investissements les plus colossaux annoncés cette année en France, la construction par Microsoft d’un data center à plus de 2 milliards d’euros dans un village de 800 habitants à quelques kilomètres de Mulhouse.
En revanche, les volumes d’investissements sont en baisse dans l’industrie manufacturière.
Baisse de 26 % dans le monde
Si l’investissement industriel fléchit en France, il s’écroule dans le monde. Le baromètre estime que 1 120 milliards de dollars d’investissements industriels ont été annoncés dans le monde en 2024. C’est 26 % de moins qu’en 2023. Cette chute est principalement liée au recul de 37 % des montants investis dans l’industrie manufacturière. Les investissements sont aussi en retrait de 13 % dans le monde pour l’énergie. Ils sont en revanche en hausse pour ce qui concerne les data centers (+ 16 %) et le secteur minier (+ 10 %).
Le retour en force des États-uniens
Dans ce marché baissier, les États-uniens dament le pion au reste au monde. Les Américains captent 29 % du volume des investissements industriels mondiaux en 2024, alors qu’ils n’en attiraient que 13 % un an plus tôt. Dans le même temps, la part de marché de l’Union européenne passe de 12 % à 10 %. Celle de la Chine s’écroule, tombant de 13 % à 7 % en une année.
Si les États-uniens tirent cette année profit de leur Inflation Reduction Act, l’Europe n’en reste pas moins sur une meilleure dynamique sur un temps plus long. Entre 2016 et 2024, la part de marché des pays de l’UE progresse de 12 %, celle des États-uniens de 6 %. Cette croissance se fait au détriment de l’Asie, de l’Afrique et des pays européens non membres de l’UE.