Ces dernières années, les industriels normands ont dû faire face à une problématique commune de déficit de soudeurs qualifiés pour satisfaire leurs besoins. Notamment dans le Cotentin, où les grands projets des filières navale et énergétique (nucléaire, hydrolienne) font appel à toutes sortes de techniques de soudage de précision : c’est pourquoi l’Agglomération du Cotentin a accompagné quatre grands industriels - EDF, Naval Group, Orano et CMN (Constructions Mécaniques de Normandie) -, dans un projet de création de Haute École de Formation Soudage (Hefaïs) sur la zone d’activité économique de Bénécère à Cherbourg-en-Cotentin. "Hefaïs répond à une attente de la filière industrielle tant au niveau national que local. Selon une étude récente, 2 500 soudeurs seraient nécessaires d’ici 10 ans sur l’ensemble du territoire pour satisfaire les besoins industriels des filières du naval et du nucléaire", indique Corentin Lelièvre, directeur d’Hefaïs.
Une formation en conditions réelles
L’Agglomération du Cotentin a construit et financé à hauteur de 6,4 millions d’euros le bâtiment industriel d’une superficie totale de 3 380 m². EDF, Naval Group, Orano et CMN ont contribué à hauteur de 2,5 millions d’euros au projet en finançant, entre autres, les maquettes reconstituant des environnements industriels, et ont apporté plus de 6 000 heures d’expertise grâce aux salariés de leur entreprise. L’État, dans le cadre du plan France Relance, et la Région Normandie, dans le cadre de l’Action IFPAI (Ingénierie de formations professionnelles et d’offres d’accompagnement innovantes), ont également participé au projet pour un montant total de 2,8 millions d’euros.
"En moyenne, il faut sept à huit ans pour former un soudeur qualifié. Avec ce nouveau moyen pédagogique, nous espérons réduire de 20 % le délai d’acquisition des compétences"
Ces locaux permettront aux soudeurs de se former au plus près des conditions du réel avec des environnements reconstitués. "En moyenne, il faut sept à huit ans pour former un soudeur qualifié. Avec ce nouveau moyen pédagogique, nous espérons réduire de 20 % le délai d’acquisition des compétences", ajoute le directeur.
L’école doit permettre d’accueillir et de former en conditions réelles 70 soudeurs à l’horizon 2028-2029 contre 30 actuellement.