Régis Froger gérant de la SARL Les éleveurs du Maine, vient d'ouvrir, en un mois et demi, trois boucheries. «Mes parents tenaient une boucherie boulevard de la Fresnellerie auMans. Après mes études de gestion à Paris à l'ENGN, j'ai travaillé huit ans pour le rayon frais en GMS avant de diriger une agence de Veolia».
Combiner pratiques traditionnelles et modernes
C'est en juin dernier que l'idée lui vient de «repartir aux sources». Il s'associe avec François Lemière, éleveur dans l'Orne, déjà adepte de la vente directe. Le concept ? Combiner pratiques traditionnelles des artisans, dont le choix des animaux à l'achat, avec les pratiques modernes du libre-service, la mise en barquette, la lisibilité du poids au kg ou à la pièce... Car le circuit court est à la mode en viande. Des entreprises importantes comme le breton Tilly Sabco (vente de produits surgelés en camion Ecomiam) ou la coopérative Terrena (réseau de boucheries traditionnelles) mais aussi nombre d'éleveurs (vente sur l'exploitation, paniers, marchés ou magasins collectifs comme Chevrefeuille au Nord duMans) se sont lancés. La SARL Les éleveurs du Maine achète aux éleveurs en direct sauf pour les filières organisées du label rouge en volaille et du porc céréalier sur paille. Elle fait abattre à façon puis découpe dans son atelier, installé dans les anciens abattoirs duMans. Les magasins sont livrés six jours sur sept et proposent boeuf (40% des ventes), porc (15%), volaille et lapin (15%), et veau (5%), complétés avec de la charcuterie et de la saurisserie sous-traitées à un charcutier manceau (25%). L'idée privilégiée est la clarté de la communication: «le client doit savoir à quoi s'attendre lorsqu'il entre dans notre magasin: la viande de boeuf est par exemple uniquement de race charolaise, produite dans la Sarthe. Le travail en carcasse permet de proposer une gamme large et de travailler au détail, en demi-gros comme en gros. Et le libre-service réduit les coûts». Ce qui lui permet d'afficher le demi-porc à 2,8 ?/kg ou le rôti de boeuf tranche à 8?90/kg.
Un quatrième point de vente en 2010
Ouverte sur la zone de Vauguyon le 5novembre, la première boucherie partage son espace avec le Ptit Potager (fruits et légumes): «Pour faciliter les achats, nous n'avons qu'une caisse, la répartition du CA s'effectuant ensuite». La seconde boucherie fonctionne depuis le 19novembre à Allonnes (centre commercial Le Mail) et la troisième a démarré le 17décembre à Château Gontier. «Nous livrons également de la viande dans quelques supermarchés et supérettes de la Sarthe. Nous visons pour 2010 un chiffre d'affaire aux environs d'1,2M€. Nous devrions ouvrir un quatrième point de vente et embaucher pour cela une personne à la logistique, un vendeur et un boucher.»
Avec trois boucheries et une quatrième en projet, la SARL Les éleveurs du Maine privilégie des approvisionnements en direct avec les éleveurs sarthois et mayennais.