Les champions de la rentabilité
# Conjoncture

Les champions de la rentabilité

Afficher un ratio revenu net sur chiffre d'affaires supérieur à 10%, a fortiori en période de récession, la performance est de taille. Si les entreprises citées dans ce classement présentent globalement des CA inférieurs à 5M€, elles côtoient également des «géants» comme le mutualiste Matmut, le chargeur Delmas ou l'industriel Flexifrance, filiale du groupe Technip spécialisée dans les conduites flexibles utilisées par l'industrie pétrolière.

«La crise financière n'a pas provoqué la crise économique!» Ce constat, c'est le directeur régional de la Banque de France Christian Jacques Berret qui le dresse. «Au moment de la chute de Lehman Brothers, cela faisait déjà six mois que l'économie mondiale était entrée en récession». C'est «la concomitance diabolique» de ces deux phénomènes qui aujourd'hui explique l'ampleur de la crise mondiale et ses conséquences sur l'économie, explique le banquier. À première vue, les données recensées dans la dernière enquête de conjoncture de la BdF pourraient inciter à plus d'optimisme que ces derniers mois: «Les carnets de commandes remontent et les stocks diminuent», analyse sobrement Christian Jacques Berret. Mais de là à parler de reprise...




Risque de décrochage

Car après un redressement notable, les courbes d'activité fléchissent de nouveau et font craindre «un nouveau risque de décrochage». Le taux d'utilisation des capacités de production, qui remontait depuis le début de l'année, était de nouveau en repli à la rentrée de septembre, «toujours très éloigné de sa moyenne de longue période», souligne la BdF en région. Globalement, «la stabilisation de l'activité industrielle signalée depuis juin ne s'est pas confirmée en septembre»! Côté industrie, c'est le secteur automobile qui souffre le plus de ce mouvement de repli avec un net recul des prises de commandes et des stocks qui se reconstituent à un rythme élevé. Conséquence: «Le chômage conjoncturel est reconduit» sur certains sites régionaux. Et si les perspectives dans le bâtiment et les travaux publics semblent plutôt favorables, pour les services marchands (informatique, ingénierie technique, nettoyage...) qui représentent près de 35% des effectifs dans la région, la tendance est pour l'heure beaucoup moins favorable. Dans ce contexte de crise généralisée, certaines entreprises résistent mieux que d'autres et maintiennent leur taux de rentabilité, à l'image du géant mutualiste rouennais, la Matmut, qui affiche un ratio revenu net/CA de 24,2%.



G.D.

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