Le projet Lumiroute, qui permet d’économiser l’éclairage public grâce à la mise en place sur les routes d’un revêtement réfléchissant et d’un système d’éclairage à LED, est à vendre depuis juin. Après deux ans d'expérimentation à Limoges, suite à un appel à projets remporté auprès du ministère de l'Ecologie, le procédé signé Malet, Thorn et Spie Batignolles est prêt à être déployé. Un premier chantier vient de se terminer dans le village de La Teste-de-Buch, près d'Arcachon. « Nous visons les collectivités locales. Elles sont aujourd'hui à la recherche de solutions sécurisantes à la fois économiques et moins dépensières d'énergie », explique Thierry Le Friant, à la tête de l'entreprise depuis 2010. Le principe de Lumiroute : renforcer la luminance des routes grâce à un revêtement spécifique (made in Malet), à un système d'éclairage innovant (à base de LED, conçus par le fabricant de luminaires Thorn) et à des installations électriques adaptées (un savoir-faire de Spie Batignolles Energie). Le revêtement proposé par l'entreprise Malet est un enrobé clair de haute qualité (faible degré d'usure, confort visuel et sonore) et fabriqué à température réduite (15 à 40 degrés de moins que les enrobés traditionnels). Un revêtement plus cher à l'achat mais rentable à l'amortissement : « Lumiroute permet de réduire de 20 % les équipements luminaires et de 5 % les câblages et, surtout, nous pouvons assurer 40 % d'économie d'énergie par rapport à un système classique », revendique Thierry Le Friant. 10 % des frais généraux de son entreprise sont consacrés à la R & D qui est assurée par une direction technique et un laboratoire (une cinquantaine de personnes en tout).
L'innovation pour sortir de la crise
« Nous n'avons pas les moyens de faire de la recherche fondamentale mais l'innovation est très certainement un facteur clé de sortie de crise », explique le chef d'entreprise, aussi président de la fédération régionale FRTP. Il rappelle les années difficiles qu'a connu le secteur des travaux publics entre 2013 et 2016, où Malet a vu son effectif baisser de 15 % : « Le creux est derrière nous, même si c'est encore compliqué. Le dynamisme des investissements à venir sur Toulouse Métropole nous donne de l'espoir et on vise une progression de 20 % d'ici à 2020, avec une possible opération de croissance externe ». L'entreprise vient d'obtenir un marché pour les travaux du Parc des Expositions.
Entretien des voieries et chantiers spécifiques
Aux côtés de son activité d'entretien des voiries qui constitue 30 % de son chiffre d'affaires, Malet s'occupe aussi de "grands chantiers". Le rachat de l'entreprise familiale par Spie Batignolles en 2009 a été favorable au développement de ces contrats : « Cette opération a permis à l'entreprise de s'appuyer sur la robustesse financière d'un grand groupe et d'accéder à des nouveaux types de marché importants comme la bretelle de Tarbes (chantier en 2010). » Autres exemples plus récents, le chantier de la rocade L2 à Marseille, aux côtés de Bouygues, ou la mise à trois voies de tronçons de l'A9 (autour de Perpignan). Le 4e routier de France (après les géants Colas, Eurovia, Eiffage Infrastructures) présente aussi un savoir-faire propre pour les " chantiers spécifiques " comme le maintien des aéroports, des plateformes de logistique ou des lignes de transport public.
Une solution verte
Autre innovation en cours de développement chez Malet : le process Agreco qui crée à froid un nouveau revêtement à partir de matériaux recyclés. Malet s'est équipé d'une machine mobile pour permettre ce type de chantier. La machine acquise en 2015 a coûté près d'1 million d'euros. La collectivité d'Auch et le conseil général de l'Hérault sont les premiers utilisateurs de cette solution économique et verte.