Spécialisée dans l’accompagnement et la formation en entreprises de personnes en situation de handicap, Handiwork (38 salariés, 100 formateurs, 2 M€ de CA 2023-2024) a clos le 4 juillet sa première levée de fonds de 1,3 million d’euros. La start-up basée à Bagnols-sur-Cèze (Gard) voit entrer au capital trois structures : Irdi Soridec, Federal Finance Gestion, et, majoritaire, la Caisse des dépôts.
Des agences à Lille et Bordeaux cette année
Cet apport va permettre à l’entreprise créée en 2017, qui est passée de 1,7 à 2 millions d’euros de chiffre d’affaires en un an, de soutenir sa croissance. Aujourd’hui dotée de quatre agences régionales pour l’Occitanie, les territoires de Paca, Auvergne-Rhône-Alpes et Île-de-France-Normandie, elle projette d’étoffer son maillage en ouvrant dans l’année à venir des agences à Lille et Bordeaux, puis d’ici trois ans, à Nancy, Rennes et Bourges. "Avec ces neuf antennes, nous couvrirons 95 % du territoire", prévoit le PDG Jean-Baptiste Honorin.
Une structuration en germe
L’apport de fonds va en outre financer des recrutements destinés à structurer une entreprise qui a grandi vite. Il s’agira notamment de mettre sur pied un service marketing-communication. "Nous comptons également créer un poste dédié à l’Économie sociale et solidaire et à la RSE. Nous sommes une entreprise de l’ESS par notre activité, mais nous n’en avons pas la culture en interne", précise le cofondateur. Ce constat est lié à l’histoire d’Handiwork.
Née d’une expérience locale
Handiwork est née à la suite d’une démarche locale concluante, initiée par quelques bonnes volontés, au sein du groupement d’entreprises locales Grisbi. Un responsable d’Institut médico-éducatif (IME) avait fait part de ses difficultés à trouver des stages pour ses jeunes en situation de handicap. Sous la houlette de Jean-Baptiste Honorin, alors dirigeant d’un centre de formation, un chef d’entreprise avait accepté de prendre quatre jeunes en stage, une demi-journée par semaine pendant un an, accompagnés par un encadrant (spécialiste du métier, et non du handicap). Le chef d’entreprise hôte, Lionel Satouf, était gérant du Bricomarché de Bagnols-sur-Cèze. Ce dernier et Jean-Baptiste Honorin, séduits par l’expérience, se sont associés pour créer Handiwork, qu’ils dirigent aujourd’hui (un troisième associé a, depuis, quitté l’aventure).
Une demande à la hausse
La start-up sert d’intermédiaire pour des stages de découverte, et pour des recrutements depuis 2020. L’offre rencontre une demande forte. Le profil des stagiaires pour des postes ne nécessitant pas de diplôme correspond à de nombreux métiers en tension : dans la grande distribution, la restauration rapide et la logistique. Sur les stages de découverte, plus de 1 000 personnes ont été formées en un an (à cheval sur 2023 et 2024) dans des dizaines d’entreprises, grands groupes nationaux pour la plupart. "Ces enseignes nationales peinent à recruter car dans le handicap, tous les acteurs sont locaux", glisse Jean-Baptiste Honorin. L’interface proposée par Handiwork leur est précieuse. La start-up célèbre ces jours-ci la signature du 500e recrutement. La division Handiwork Recrutement compte déjà pour 70 % du résultat.
Un œil à l’étranger
Si la croissance d’activité se maintient, Jean-Baptiste Honorin espère implanter son activité dans un pays voisin d’ici cinq à six ans. "Placer en entreprise un expert métier avec des jeunes en situation de handicap, c’est possible partout", plaide-t-il. Le préalable sera de trouver des conditions réglementaires favorables, qui seront étudiées pour choisir le premier pays d’accueil.