D’où provient l’idée de la création de l’école 18.06 ?
Son nom est une évocation de l’appel du 18 juin du Général de Gaulle. L’idée était de se dire que nous sommes aujourd’hui dans un contexte de guerre économique et qu’il est important de former les jeunes sur ces sujets d’actualité. On parle évidemment d’intelligence artificielle et de cyberdéfense. Il convient de les former sur la partie technique mais aussi sur la partie sociétale afin qu’ils comprennent les implications et les enjeux que représente le numérique aujourd’hui. Ceci dans le but de renforcer notre souveraineté en encourageant nos entreprises et nos pépites technologiques, car il y en a.
Pourquoi ce premier campus verra-t-il le jour à Molsheim ?
On considère que l’enseignement supérieur est un outil d’aménagement du territoire. Molsheim se trouve à quinze minutes de Strasbourg en train et les loyers sont bien moins chers. L’établissement accueillera 70 étudiants et une centaine d’intervenants, en complément d’une dizaine de salariés à temps plein. On proposera également des logements aux étudiants qui en auront besoin. L’un de mes associés, Joan Beaufort, est originaire de Molsheim et il souhaite rendre à la ville ce qu’elle lui a apporté durant son enfance en y investissant une partie de sa fortune personnelle.
Avez-vous déjà identifié des besoins parmi les entreprises du tissu économique local auxquels vos formations seraient utiles ?
Totalement. La semaine dernière, je déjeunais avec des responsables de Safran (qui possède un site à Molsheim, NDLR) qui souhaitent prendre des jeunes en alternance dans les domaines de la cybersécurité et de la sûreté. J’ai aussi rencontré les dirigeants de LDE (société spécialisée dans la fourniture de manuels scolaires basée à Erstein, NDLR) qui cherchent également des alternants pour développer un outil de Learning Management System (LMS). Nous sommes en train de déterminer avec eux leur nombre et leur type de profils. Plus généralement, on recense des besoins en IA et en cybersécurité dans toutes les entreprises.
Prévoyez-vous d’autres implantations en France ?
L’école 18.06 n’a pas vocation à rester uniquement à Molsheim même si elle y a son siège social et son cœur académique. D’ici trois à quatre ans, on souhaite ouvrir, toujours à Molsheim, notre propre laboratoire de recherches universitaires avec des enseignants-chercheurs. En termes de développement, on devrait ouvrir une école à Lyon à la rentrée 2025 et à Paris l’an prochain. Notre ambition est d’avoir un bon maillage en France mais pas forcément dans les grandes métropoles. On peut évoquer des villes comme Saint-Malo ou Pau. L’idée est aussi de développer notre présence à l’étranger afin de former les jeunes générations aux technologies françaises.